« Il y a des hommes qui voyant des choses qui existent se demandent pourquoi ?

Moi, je rêve à des choses qui n’existent pas et je me dis pourquoi pas ? »

(une phrase attribuée à l’un des frères Kennedy)

« …une utopie, c’est-à-dire une étoile vers laquelle on se dirige,

et qui sert à trouver la direction même si l’on a peu d’espoir de l’atteindre un jour »

(Albert Jacquard)


Etymologiquement, l’utopie est le « lieu de nulle part » (ou-topos) ou le « lieu heureux » (eu-topos).

Chacun sait que l’inventeur du mot « Utopia » est Thomas More. Ce philosophe anglais qui en fit le titre d’un livre, publié à Louvain au début du 16ème siècle. Il y décrit une civilisation imaginaire, isolée sur une île, présentée comme la société idéale grâce à l’abolition de la propriété privée. Bien avant lui, Platon avait imaginé sa cité idéale de l’Atlantide, elle aussi sur une île.

Tous les idéalistes ont des rêves d’utopie dans la tête.

Les politiques ne font pas exception ; mais il leur appartient de penser des « utopies réalisables » (une expression que je ne crois pas contradictoire !). Pour cela, le point de départ de la réflexion doit être un regard lucide sur la réalité, y compris ses multiples contraintes. Ensuite le projet peut prendre son envol.

L’utopie nourrit la réalité et celle-ci enrichit l’utopie.

« Je crois qu’on ne peut rêver que si on a les pieds sur terre.

Plus les racines sont profondes, plus les branches sont porteuses ».

(Juliette Binoche)

Il faut cependant reconnaître que les forces de renouveau se trouvent davantage au sein de la société civile que dans le monde politique.

C’est à des ONG que l’on doit le principe d’une coopération au développement fondée sur l’autodétermination des collectivités paysannes du sud et la création d’un réseau de commerce équitable. Ce sont des associations ou des entreprises privées qui ont tenté des expériences comme les maisons médicales, l’habitat groupé ou la culture bio. Ce sont des banques qui se sont lancées dans l’épargne éthique au service d’un développement durable

Toutes ces initiatives, comme beaucoup d’autres qui pourraient s’ajouter à cette liste, apparaissaient utopiques avant de devenir des expériences réussies. .. et contagieuses.

L’irréalisable d’hier peut devenir la réalité de demain.

Ce n’est pas forcément parce que la technologie a progressé. Ce peut être également parce qu’une graine a germé, que l’idée a eu le temps de mûrir et que la collectivité est devenue prête à accepter le changement. Elle l’accepte d’ailleurs d’autant moins difficilement qu’elle se sent menacée ; les utopies de l’écologie politique d’il y a 30 ans ne sont-elles pas devenues les nécessités d’aujourd’hui ?

Mais le mérite en revient toujours à des personnes qui se sont personnellement et collectivement impliquées dans un projet auquel elles croyaient.

Trop d’idées novatrices, trop de projets audacieux sont condamnés dans l’œuf au nom d’un réalisme défaitiste : ne se résigne-t-on pas trop facilement devant les tristes réalités ?

J’aime cette pensée d’un auteur inconnu :

« Tout le monde pensait que c’était impossible.

Et puis, un jour, est arrivé quelqu’un qui ne le savait pas … et il l’a réalisé ! »

« Changer de regard, réinventer le monde ! »

Tel est le slogan choisi par une ONG belge d’éducation au développement.

Ce choix me plait ; il témoigne d’une foi déterminée en la possibilité de la construction collective d’un monde meilleur ; un changement qui passe par l’éducation des générations nouvelles.

Je partage cette conviction.

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