« Plus élevée est l’information, plus il est difficile de la communiquer.
Plus le message se communique clairement, moins il informe.»
Umberto Eco, L’œuvre ouverte

Introduction[[Ces notes sont illustrées par le diaporama présenté dans le cadre de la formation etopia_ sur la Communication politique le 12 mars 2005 à Namur. Il peut être consulté sur le site d’etopia_]]

La distinction entre les notions de communication et d’information, généralement indistinctes dans le langage courant, est une condition préalable.

Communiquer trouve sa racine dans l’idée d’« échanger », informer signifie « donner forme ». La communication politique, quant à elle, peut se définir au sens strict comme un moteur d’adhésion et de gouvernance au sein de l’agora.

Désignant depuis l’antiquité un lieu public exclusivement matériel où se tenait le commerce et les échanges d’idées, l’agora est aujourd’hui un espace public dématérialisé (médias), ou un lieu de rencontre(s) occasionnelles (conférences, événements, cafés, porte-à-porte …).
La communication politique implique une entrée en relation, verbale et non-verbale. Ces deux éléments, souvent oubliés en cours de processus, sont deux moteurs de pouvoir et de décodage, largement utilisé en techniques de négociation pour mieux comprendre les comportements, lire les intentions ou faire passer un message.

Pour obtenir de l’adhésion, communiquer en politique, implique l’utilisation des codes et des canaux de l’espace public et une maîtrise de son langage verbal et non-verbal. L’objectif est de créer de l’empathie ou, parfois, de la dysempathie à l’égard des adversaires politiques (syndrome de l’élève isolé).

La communication politique donne de la visibilité aux acteurs du pouvoir (sujet) et aux orientations de la médiation politique (objet). Ces considérations ne catégorisant pas pleinement la communication politique, il convient d’ajouter la spécificité du langage politique : la situation de représentation (mandat) dans laquelle se trouve le sujet, ou l’émetteur. De fait, le politicien a des comptes à rendre dans l’espace public, lequel est limité par un champ de conscience collective assimilable à l’ordre juridique dans lequel il se trouve. La conséquence de ce rapport de représentation, largement codé depuis l’émergence de la démocratie représentative, est que l’affirmation lisible vaut intentionnalité («la parole correspond à ce que je veux»). Cette considération est importante car elle conditionne l’image même du politique dans l’espace public. Chaque mot entraîne une responsabilité, mais aussi, chaque projet politique ne pourra exister qu’à travers des mots.

Communiquer, en politique comme ailleurs, c’est se dépasser pour donner vie à un projet et le transmettre. C’est donc, pour beaucoup, une question d’aptitude, d’entraînement et de maîtrise.

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