Une analyse des programmes politiques des partis verts dans le monde entre 2006 et 2008[[Texte issu du livre Is there a need for a Green ideology ?, Cogito, 2008, et traduit par Patricia Spelmans pour Etopia]].

Introduction

Le mouvement politique écologiste s’étend sur toute la planète. Il y a probablement quelques partis politiques qui se qualifient de Verts dans au moins la moitié des états membres des Nations-Unies. Quatre-vingts partis verts sont membres de la famille politique internationale Verte. Il y a de grands et puissants partis verts, connus dans le monde entier et partie prenante de la vie politique de leur pays, comme les Verts en Allemagne (Die Grünen). Et il y a de petits groupes qui doivent travailler en exil ou clandestinement (comme les Verts en Iran).

Qu’est-ce que ces Verts ont en commun ? Ont-ils quelque chose d’important en commun, qui les différencierait de tous les autres types de partis politiques ? Ont-ils en commun une manière de penser, une vision commune du développement de la société ? Ont-ils la même définition des problèmes ? Ont-ils la même explication concernant la cause de l’état actuel du monde ? Ont-ils les mêmes valeurs à propos de la manière dont les choses devraient être organisées ? Ont-ils les mêmes propositions concernant les solutions à adopter ?

J’ai choisi une approche empirique de l’idéologie verte. D’autres chapitres de ce livre ont d’autres approches. J’ai étudié les programmes politiques des Verts (voir la liste des programmes étudiés en fin de texte).

Selon le site des « Global Greens », les fédérations vertes régionales en dehors de l’Europe ont des partis-membres provenant de 40 pays (15 en Afrique, 11 en Amérique, 14 en Asie et dans le Pacifique). Le Parti Vert Européen comporte des membres ou des observateurs provenant de 36 pays. De plus, il y des partis Verts qui ne sont encore membres d’aucune des organisations internationales Vertes (comme l’Iran). Il y a aussi des partis verts dans des régions autonomes, qui sont parfois des membres à part entière d’organisations internationales (comme Iniciativa per Catalunya Verds et Scottish Greens), ou pas (comme Les Verts due Québec, Los Verdes Andalucia). Certains partis Verts, quelquefois parce qu’ils n’ont pas développé leurs propres programmes complets disent explicitement adhérer aux programme et aux principes de l’une des familles internationales vertes. Deux exemples de ceci sont le Japon (Global Greens) et le Parti Zöld Hongrois (European Greens).

Ma base de données est ce qui peut-être trouvé sur le web. Je n’ai pas eu le temps de chercher de manière extensive ce qui n’était pas disponible sur la toile. Dans certains cas, j’ai reçu l’aide de bureaux de parti sous forme de traductions (Albanie, Croatie, Slovaquie). Dans d’autres cas, j’ai dû abandonner pour des raisons linguistiques, car je n’ai pas réussi à contacter les bureaux des partis par mail (Chypre et Estonie). Dans d’autres cas semblables, j’ai réussi à déchiffrer les programmes par ma connaissance de langues voisines (par exemple pour des textes en bulgare, en tchèque et en polonais). Dans de rares cas, j’ai eu des contacts personnels avec des représentants de partis n’ayant pas de site web (Géorgie, Azerbaïdjan). Dans l’ensemble, j’ai réussi à obtenir des programmes, des plate-formes, des déclarations d’objectifs ou d’autres informations de la part de cinquante partis Verts.

Quoique sociologue professionnel, je ne prétends pas avoir réalisé une analyse de contenu scientifiquement valide (entreprise qui eût demandé des moyens en termes de temps et de ressources dont je ne disposais pas). Pour différentes raisons, dont l’inexistence de site web de certains partis, il y a eu un biais défavorable envers les Verts Européens. Ceci n’est toutefois pas totalement injuste, car le fait est que les partis Verts sont plus fréquents en Europe, et y sont généralement plus forts en termes de représentation au parlement et au gouvernement, que sur les autres continents. Après l’Europe, on trouve l’Amérique, où il y a des partis Verts en fonction dans la moitié des pays de ce continent, puis la région de l’Asie et du Pacifique, et enfin l’Afrique. Aussi, mon échantillon de partis étudiés est probablement plutôt représentatif de la situation réelle de la politique des partis verts dans le monde.

Le monde selon les Verts

La catastrophe environnementale

Presqu’unanimement, les Verts ont une perception plutôt morne de l’état du monde. Fondamentalement, ils voient toutes sortes de menaces environnementales envers l’espèce humaine et toute la vie sur terre. C’est la relation entre la Nature/la Vie/l’Ecosystème et les activités humaines qui est mise en évidence dans presque chaque programme vert et qui constitue la priorité en contenu et en quantité. Je ne trouve donc aucune différence en ce sens entre les partis des pays riches et développés et ceux des nations pauvres et en développement. Un texte en particulier des verts somaliens désapprouve le fait que les problèmes environnementaux seraient l’apanage des riches. Au contraire, la perspective des Somaliens prouve que les risques environnementaux peuvent toucher aussi bien les pauvres et même plus.

« L’une des angoisses que les Somaliens devront affronter longtemps après que la solution à la crise politique actuelle sera trouvée est le dommage qui aura été infligé à l’environnement de la nation. Les gens se sont tournés vers toutes sortes d’activités illégales et dommageables, à cause du manque d’un gouvernement central capable d’établir et de maintenir le contrôle. Ce sont, par exemple, l’incendie des forêts et des arbres en vue d’avoir du charbon de bois, le braconnage des animaux sauvages pour le cuir, et l’exportation de quantité d’animaux pour leur valeur en devises à l’étranger. Quelques uns des problèmes environnementaux auxquels les Somaliens sont confrontés sont : l’utilisation de l’eau contaminée, qui contribue aux problèmes de santé ; la déforestation ; l’abus de pâtures, l’érosion des sols ; la désertification ; le braconnage sans espoir de la vie sauvage ; des sécheresses récurrentes, et de fréquentes tempêtes de poussière dans les plaines du nord et de l’est en été. La Somalie est aussi l’une des nations en tête de liste où les nations industrialisées déversent leurs déchets chimiques et nucléaires dangereux. »

Les craintes environnementales n’occupent une place marginale que dans très peu de programmes des Verts. Je n’ai trouvé ce cas que dans le programme slovène membre du Parti Vert Européen (PVE), de l’EGP, qui a d’évidence un autre contexte que la plupart des autres partis verts, ce qui est reflété par son nom – le Parti Slovène des Jeunes.

La description la plus fréquente de la situation actuelle du monde et de la vie humaine est qu’ils sont soumis aux risques dus au changement climatique, du climat, aux radiations, aux pesticides, à la désertification, aux manipulations génétiques… Les Verts bulgares disent explicitement : « L’extinction ou la réforme ! [[да ремонтираме дома си ипи да го видим разрушен.]]» Le message est clair : la vie elle-même est menacée.
Ceci amène une question importante : la vie de qui ?

L’humanité comme point de départ

Les Verts autrichiens ont un petit débat à ce propos et admettent que les choses pourraient être examinées d’un point de vue non-anthropocentrique, où l’écosystème plus large est le point de départ et non pas l’espèce humaine. Mais, ils sont une exception. Cependant, quelques partis mentionnent d’autres « groupes » menacés, comme les animaux (ou les générations futures, qui sont également des humains). La plupart des Verts mentionnent la nécessité de la « protection » animale, peu d’entre eux utilise la terminologie « droit des animaux » (comme les Verts suédois et norvégiens, ainsi que Groenlinks la Gauche Verte en Hollande) ou le « respect pour les animaux » (Verts catalans). Je pense qu’il est établi que l’idée que les êtres humains sont « seulement » une forme de vie, parmi d’autres, telle qu’elle apparaît dans le courant de la « deep ecology », n’a pas été adoptée par les partis verts. Au contraire, les partis Verts sont clairement basés dans une perspective centrée sur l’humain. Nous sommes menacés lorsque la Nature/la Vie/ l’Ecosystème sont menacés. C’est pour cela que nous devons effectuer des changements. Personnellement, je trouve cela assez naturel et normal et je crois qu’il serait difficile pour un parti politique d’approcher les électeurs avec un message qui dirait : « Nous ne tenons pas compte des êtres humains, au contraire l’écosystème irait bien mieux sans nous ». Un tel discours serait hors du champ politique, il serait du domaine religieux, ou mystique ou quoique ce soit d’autre.

La pénurie  de justice, de solidarité, d’égalité, de démocratie

Hormis les descriptions plus ou moins élaborées et apocalyptiques des risques environnementaux qui nous entourent, les programmes des partis écologistes sont en général moins directs dans la description de leurs perceptions du domaine social, économique, culturel, démocratique ou juridique et autres de leurs pays ou de la planète. Sauf les Verts moldaves, qui prennent comme point de départ le fait que leur pays a le score le plus bas sur l’index du Développement Humain du Programme de Développement des Nations-Unies de tous les pays européens.

La plupart des Verts ont toutefois une idée claire de l’état de la situation dans les domaines politiques autres que l’environnement et l’écologie. Mais ces domaines sont traités par l’avancement de propositions visant à traiter les problèmes, plutôt que par des descriptions étayées de la situation qui doit être changée. Lorsque les Verts colombiens proposent la réalisation d’un Code éthique pour les politiciens, comme l’un des points majeurs de leur politique, il est facile d’en conclure que l’éthique est une denrée rare parmi les politiques. Les revendications qui sont établies – l’intérêt général avant les intérêts particuliers, l’altruisme dans l’activité politique, l’honnêteté dans le service public, la responsabilité morale de l’homme politique – impliquent que ces mêmes caractéristiques font défaut en Colombie.

Et lorsque presque tous les partis verts demandent explicitement la « justice sociale » et la « solidarité globale », on peut en inférer que la perception généralisée des Verts est que la justice sociale et la solidarité globale n’existent pas, du moins pas à un niveau suffisant, dans notre monde actuel.

Bien-sûr, ceci peut également nous mener à conclure erronément que de fortes demandes dans un domaine de la politique sont la preuve que la situation dans ce domaine est particulièrement mauvaise dans le pays de ce parti vert. La plupart des partis revendiquent l’égalité des genres (des sexes), mais les partis qui utilisent le langage le plus fort demandant des politiques « féministes » sont les scandinaves, malgré le fait que les femmes des pays nordiques soient probablement les moins discriminées du monde (voir l’article de Lotta Hedström). Bien des programmes (mais loin de l’entièreté) incluent le domaine de la sexualité comme l’un desquels où la diversité doit être promue. Mais les paroles les plus fortes et les plus explicites concernant les droits des gays et lesbiennes se trouvent dans les programmes des partis verts d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord, alors que la plupart des partis Verts d’Europe de l’Est, d’Afrique et d’Asie restent silencieux à ce propos. Dans le même temps, aucun parti vert n’exprime quoique ce soit contre l’égalité de genre et des droits égaux pour les homosexuels.

L’environnement et l’écologie d’abord

Pour résumer : il est évident que presque tous les partis verts ont les mêmes racines – une conscience des menaces environnementales à l’encontre l’espèce humaine et la vie. Les Verts sont également conscients d’une énorme injustice sociale globale et nationale. Très souvent, ils ont des doutes à l’égard de la qualité des démocraties dans leurs pays. Je dirais qu’il y a une vision plutôt commune et cohérente parmi les Verts du monde entier en ce qui concerne la formulation des principaux problèmes de l’humanité aujourd’hui. Les Verts ne sont absolument pas des partis qui défendent un seul enjeu. Certains partis aiment mettre ceci en évidence jusque dans leurs plus petits slogans, comme le parti belge Ecolo : « Une terre plus verte, un monde plus juste »[[Une terre plus verte, un monde plus juste.]]. Les Verts Chiliens introduisent leur programme avec la déclaration suivante : « un écologiste est quelqu’un qui soutient une organisation socio-culturelle-économique qui permet aux êtres humains de s’épanouir en équilibre harmonieux avec leurs semblables, dans une relation responsable avec l’environnement dans lequel ils vivent »[[Ecologista es todo aquel que pretende una organización Social-Cultural-Económica que permita a los seres humanos realizarse plenamente en un equilibrio armónico con sus semejantes y en una relación responsable con el ambiente en que vive.]].

Mais, le point de départ et la priorité sont, presque sans exception, la crise environnementale dans tous ses aspects. Comme les Verts canadiens l’expliquent : « Mettre l’environnement en première position dans notre plate-forme a du sens, car notre environnement est au coeur de notre bien-être – depuis les soins de santé au développement économique, en passant par la qualité de vie. Les Verts belges de Groen promettent à leurs électeurs « Vers un changement écologique »[[Naar een ecologisch omslag.]]. Les Verts allemands disent que « l’environnement fait la différence »[[Umwelt macht den Unterschied.]]. Les Verts roumains ont pris comme slogan « Un homme propre dans un pays propre dans un monde propre ».

Qui les Verts blâment-ils ?

En général, les programmes verts sont maigres en explications. Au lieu d’une analyse, on trouve plutôt une sorte de « plainte ». Les textes mettent l’emphase sur quelqu’un ou plutôt quelque chose, une activité ou une tendance, qui est accusée d’être coupable.

J’ai construit sept « boucs émissaires » sur base des programmes des Verts, et ai trouvé que le numéro un est la croissance/la société industrielle/le productivisme, ce qui signifie la concentration dominante sur la production maximale de biens matériels. Les Verts italiens disent carrément : « Un Vert  c’est quelqu’un qui voit dans la croissance économique la cause originelle de la dégradation de notre planète »[[Verde è chi vede nella crescita economica, imperniata sullo sfruttamento più intenso ed esteso della natura e del lavoro umano, la causa originaria dello stato di degrado del nostro pianeta.]].

Le second « bouc émissaire » le plus fréquent est très proche du premier : la globalisation économique/ le néolibéralisme. En particulier les textes des Verts français sont remplis d’une rhétorique contre ces phénomènes. Les Verts turcs demandent une «lutte globale contre le capitalisme et le néolibéralisme ». Et les Verts russes blâment l’extrême néolibéralisme des années 1990 comme cause de nombreux problèmes dans leur pays. Le parti Miljøpartiet norvégien va plutôt loin en demandant « la décapitalisation des moyens de production… sous une forme où les droits de la propriété ne peuvent être ni achetés ni vendus »[[De GrØnne vil stabilisere Økonomien, blant annet ved å få eiendomsretten over i former hvor den ikke blir gjenstand for kjØp og salg.]]. Les Verts philippins également vont loin lorsqu’ils disent que « la terre appartient à la communauté qui l’occupe, jamais à des individus ». La plupart des partis verts acceptent implicitement la propriété privée et l’économie de marché, mais moins comme une question de principe que parce qu’une telle économie est considérée comme le moins mauvais système connu. Et la plupart des Verts mettent l’accent sur le fait que le marché ne doit pas être totalement libre, mais doit faire l’objet de contrôles stricts et de restrictions. L’on peut observer une évaluation plus explicitement positive des aspects de base de l’économie libérale uniquement parmi certains Verts d’Europe de l’Est, comme les Verts ukrainiens qui disent : « La propriété privée est le terreau de la démocratie, la base du progrès économique et de la « protection sociale » des citoyens. (Plus sur l’Economie Verte, voir les contributions de Kristian Skǻnberg et Ulf Söderström). En lien également avec les « boucs-émissaires » cités plus haut, on trouve en troisième position le monde des affaires / les entreprises multinationales. Les Verts suisses demandent l’abolition du secret de leur système bancaire et s’exclament : « Fermons la chasse aux profits maximum ! »[[Schluss mit der Jagd nach Profitmaximierung.]]

De nombreux partis verts blâment l’espèce humaine en tant que telle, comme les Verts du Royaume-Uni : « C’est l’activité humaine, plus que quoique ce soit d’autre, qui menace le bien-être de l’environnement dont nous dépendons ».

Les autres « boucs-émissaires » mentionnés directement ou indirectement dans les programmes Verts sont : le commerce/ la consommation, les pays développés/ la colonisation. (de la part de partis du Tiers-Monde mais aussi de certains partis de pays riches), les abus de l’état central (par des partis de pays de l’ex-bloc communiste).

A mon avis, au-delà de quelques variations, ceci montre néanmoins une vision Verte plutôt unifiée des causes des grands problèmes de notre monde. L’humanité est coupable, non pas le « singe nu » que nous sommes, mais l’être humain en sa qualité de producteur/consommateur avide qui ne semble apprécier que des choses valorisables en termes d’argent. Ce type de système – néolibéralisme, capitalisme, globalisation économique, économie de marché sans restrictions, économie basée sur le profit, productivisme – ne cause pas seulement un désastre écologique, il ne donne pas non plus aux humains ce qu’ils recherchent – bonheur, sécurité, santé, satisfaction, Mais les Verts ne pensent pas que l’alternative soit une sorte de socialisme traditionnel, une politique de gauche traditionnelle. La plupart ne le disent pas explicitement dans leurs programmes. Le Partido Verde brésilien le dit clairement : « Le Parti Vert n’accepte pas l’étroite polarisation entre gauche et droite, en face de laquelle nous nous trouvons »[[O PV nao se aprisiona na estreita polarizacao esquerda versus direita. Situa-se à frente.]].

Y-a-t-il des valeurs communes vertes ?

Les programmes Verts ne débutent pas en général par la description des problèmes et l’analyse de leurs causes, mais avec l’affirmation de valeurs. Certains partis verts sont à cet égard très explicites. Je dois admettre que j’ai une préférence particulière pour les principes de base des Verts mexicains : « Amour, Justice, Liberté ». Court, efficace et juste ! Le Miljøparteit suédois a essayé de concentrer son programme sur trois « solidarités » : Solidarité avec les animaux, la nature et l’éco-système, solidarité avec les générations futures, solidarité avec tous les autres humains. Les Verts néo-zélandais ont quatre valeurs de base : sagesse écologique, responsabilité sociale, prise de décisions appropriée, non-violence. Die Grünen d’Autriche ont ont six principes de base : écologie, solidarité, auto-détermination, démocratie de base « par le bas » (grass-root democracy), non-violence, féminisme[[Ökologisch, solidarisch, selbstbestimmt, basisdemokratisch, gewaltfrei, feministisch.]].

Dei Greng du Luxembourg adhèrent aux mêmes bases que les Verts autrichiens, en y ajoutant trois : changement structurel de l’économie, participation équitable des immigrants et promotion d’une Europe écologique et sociale. Les Verts des Etats-Unis ont leurs dix valeurs-clés : démocratie de base« par le bas », justice sociale et opportunités équitables pour tous, sagesse écologique, non-violence, décentralisation, économie basée sur la communauté, féminisme et égalité des genres, respect de la diversité, responsabilité personnelle et globale, vision d’avenir et soutenabilité. Même les Global Greens et les Verts européens ont adopté des catalogues similaires de valeurs de base. J’ai extrait 14 principes de base verts de tous les programmes et plates-formes que j’ai examinés. Je les ai répertoriés en ordre de fréquence d’apparition dans les documents que j’ai étudiés, mais je n’en donne pas les statistiques, car il est quelquefois très difficile de juger si une valeur est présente même si sa dénomination exacte n’est pas mentionnée, en particulier pour tous les programmes que j’ai étudiés dans une autre langue que l’anglais.

1. « Sustainability »/ économie circulaire. 2. Egalité des genres/ féminisme. 3. Non-violence. 4. Sagesse écologique. 5. Justice sociale. 6. Démocratie participative/ de base« par le bas ». 7. Coopération internationale. 8. Solidarité globale. 9. Qualité de vie, pas quantité. 10 Droits de l’homme/ Liberté. 11. Biodiversité. 12. Diversité culturelle. 13. Commerce équitable. 14. Autonomie.

C’est ma conviction  : tous ces principes de base Verts sont acceptables par presque tous les Verts. En tous cas, je n’ai trouvé aucun programme qui ait une déclaration contraire à l’un de ces principes. Je pense que presque tous les Verts pourraient souscrire aux 14 principes de base, même si certains partis adhèrent plus à l’un ou à l’autre.

Que proposent les Verts ?

Donc, s’il existe une base de valeurs communes assez large parmi les Verts, quid à propos des politiques ? J’ai pris, de ci, de là, un peu au hasard, l’une ou l’autre option politique pour chacune des 14 valeurs et ai vérifié combien chacun des programmes étudiés la soutient ou la rejette.

1. Développement durable / économie circulaire

a. Pas de nucléaire.

Il y a un très fort degré d’accord sur le non à l’énergie nucléaire. Aucun des programmes étudiés ne mentionne même de manière implicite que l’énergie nucléaire puisse être acceptable pour remplacer les énergies fossiles. Plusieurs partis ont également fixé des dates pour sortir de la dépendance au pétrole. Les Verts tchèques considèrent le refus du pétrole[[Odklon od ropy.]] comme l’une de leurs plus importantes priorités pour la modernisation de la société tchèque. Tous les Verts demandent un changement vers les énergies renouvelables.

b. La nourriture biologique/ la qualité alimentaire.

La plupart des Verts y sont très attachés. Certains lient ceci à un retour à des cultures et modes de vie ruraux, et pas moins dans les pays où la plupart des gens vivent encore de l’agriculture.

c. La réduction des transports.

La plupart des Verts demandent un transfert de la route au rail. Mais certains considèrent les transports en soi comme le problème de base et qu’ils doivent être réduits, même s’ils deviennent moins polluants. Les Verts des pays où les manques de transports sont un problème majeur, sont plus nuancés, comme les Verts du Bénin : « Les Béninois devraient pouvoir rêver de bicyclettes, de trains normaux, de trains express ou d’avions, confortables et sûrs, pour pouvoir voyager dans toute l’Afrique, localement ou internationalement.»[[Pour voyager dans toute l’Afrique, du local à l’international les béninois doivent aussi rêver de l’utilisation du vélo, du train, du TGV ou de l’avion, dans des conditions de confort et de sécurité maximales.]]

d. Le principe des taxes pour le pollueur-payeur.
Personne n’est contre.

2. L’égalité des genres/ le féminisme.

a. Droit à l’avortement.

La plupart des partis sont en faveur de ce droit, aucun n’y est explicitement opposé. Toutefois, certains n’en disent rien.

b. La prostitution.

Tout le monde combat le trafic d’êtres humains. Mais certains Verts (aux Pays-Bas, en Allemagne) sont en faveur de la « légalisation » de la prostitution en tant que telle, afin de la transformer en une profession comme une autre. Ils croient que les prostituées se libéreront ainsi de la mafia et obtiendront plus de sécurité sociale. D’autres (comme les Suédois) préconisent plutôt de punir le client (selon la loi suédoise) tout en aidant les prostituées à changer d’activité.

3. La non-violence.

a. Le désarmement.

La plupart des Verts sont en faveur du désarmement, national et global. La plupart sont également en faveur de la fin de la conscription (service militaire). Seul l’un des partis verts russes semble tendancieux sur ce point, en partie par ce qu’il croit que le savoir et la technologie militaires pourraient être utilisés dans la lutte contre la dégradation de l’environnement.

b. Intervention militaire seulement sous mandat de l’ONU.

La plupart des partis accepte ce principe. Toutefois, dans leur programme de 2011, les Verts serbes attirant l’attention sur le fait que lors de la seconde moitié de l’année 1999 et durant tout l’an 2000, la position des Verts en République Fédérale de Yougoslavie était d’autant plus compliquée qu’ils étaient en contact avec les Verts européens qui avaient voté en faveur de l’intervention militaire de l’OTAN en République Fédérale de Yougoslavie.

c. Restriction de l’exportation d’armes.

Tous les partis sont soit en faveur de celle-ci soit silencieux sur le sujet. Les Verts de l’Union Européenne veulent que le code de l’UE ait plus de force légale.

d. Non à une alliance militaire avec l’OTAN.

La plupart des Verts des pays de l’OTAN semblent accepter le statu-quo, alors que les Verts norvégiens et portugais demandent ou envisagent de quitter le Pacte. Les Verts grecs demandent « la cessation de la dépendance de l’Union Européenne envers l’OTAN ». Les Verts croates disent : « Non à l’OTAN, non aux alliances militaires ». Les Verts des pays neutres (Suède, Finlande, Autriche, Ukraine, Suisse, Malte) refusent de rejoindre l’OTAN. Les Verts géorgiens rejettent également l’appartenance à l’OTAN. Les Verts australiens et brésiliens mettent en question les relations militaires de leur pays avec les Etats-Unis. Mais certains Verts parmi les nouveaux pays de l’OTAN, comme ceux de Lettonie sont en faveur de l’appartenance de leur pays à l’OTAN.

4. La sagesse écologique

a. Bannissement ou restrictions aux organismes génétiquement modifiés (OGM), aux produits chimiques persistants, aux hormones et aux antibiotiques dans la viande.

De telles demandes existent sous différentes formes dans la plupart des programmes.

b. Principe de précaution.

Dans la plupart des programmes.

5. La justice sociale

a. Revenu de base.

Plusieurs partis demandent une forme de revenu de base (allocation universelle ou citoyenne), comme le Brésil (imposta negativa), l’Allemagne (Grüne Grundischerung qui n’est pas identique à l’allocation universelle), la Norvège (samfunnslønn), la Finlande et la Suède (medborgarlön).

b. Propriété publique des biens essentiels.

Certains partis mettent l’accent sur le fait que des monopoles naturels et des «biens communs » devraient être sous propriété ou sous contrôle public. Aucun parti Vert ne demande la privatisation des services publics.

6. Démocratie participative/ directe/ « par le bas » (grass-root)

La plupart des Verts sont insatisfaits de la démocratie représentative et voudraient plus de « démocratie directe ». Mais la démocratie parlementaire est acceptée et des réformes sont proposées par quelques partis, comme les élections à la proportionnelle (là où d’autres systèmes prévalent), plus de referenda, un âge plus bas pour voter (16 ou 17 ans), des règles éthiques pour les politiciens.

Un aspect de la démocratie directe est la désobéissance civile, que certains Verts veulent légaliser sous conditions.

7. La coopération internationale

a. Une Europe fédérale plus forte.

Plusieurs Verts européens expriment une satisfaction concernant l’UE, comme les Verts allemands qui disent que « l’UE est un succès qui nous a apporté cinquante ans de paix, de sécurité et de prospérité »[[Die europäische Einigung ist ein Erfolgsprojekt das über fünfzig Jahre Frieden, Sicherheit und Wohlstand gebracht hat.]]. D’autres, comme les Verts français veulent une Europe plus forte, mais à la condition que cela devienne une Europe plus sociale et plus écologique. Les Verts irlandais s’opposent à la militarisation de l’Europe. Les Verts grecs demandent un « nouveau début pour un Traité Constitutionnel sans les clauses néolibérales, militaires et anti-environnementales du précédent ». Tous les Verts de l’UE sont insatisfaits du « déficit démocratique », mais la plupart semblent prêts à accepter le traité de Constitution révisé. Ils auraient cependant préféré que ce Traité soit adopté via un large référendum dans l’UE, plutôt que par des ratifications parlementaires. Parmi les Verts de l’UE, les Danois et les Suédois auraient préféré quitter l’Union (NDLE : le texte date de 2007). Parmi les Verts non UE, l’Ukraine, la Suisse et l’Albanie voudraient rejoindre l’UE, les Verts croates sont en faveur d’une « Europe unie », alors que les Verts norvégiens rejettent l’adhésion à l’UE.

b. Des Nations Unies plus fortes et réformées.

Les Verts y sont favorables, unanimement.

8. La solidarité globale.

La solidarité est une base de la plupart des programmes des Verts. Plusieurs partis des pays développés demandent la taxe Tobin, une assistance accrue aux pays en développement, l’annulation des dettes.
Tous les partis verts de pays d’immigrants ont une attitude positive envers l’immigration, exprimée par les Verts canadiens comme « l’incroyable potentiel humain que 300 000 nouveaux Canadiens apportent au pays chaque année ». Les Verts dans leur écrasante majorité considèrent l’immigration plus comme un atout qu’un problème et demandent plus de droits pour les immigrants.

9. La qualité de vie, plus que la quantité

a. Une politique des drogues restrictive/ libre.

La plupart des programmes ne mentionnent pas ce point, mais ceux qui le font sont profondément divisés. Bien que tous les programmes mettent l’accent sur une approche humaine des toxicomanes, il y a une grande fracture concernant l’accessibilité des drogues. Certains partis (Scandinavie, Australie) défendent des restrictions, l’interdiction de tous les narcotiques (incluant le cannabis), ainsi que des restrictions sur la vente de l’alcool et du tabac. D’autres (les Pays-Bas, l’Autriche, la France…) défendent la légalisation des drogues « douces » afin de briser le pouvoir des mafias.

b. Un PIB alternatif.

Plusieurs partis demandent d’autres manières de mesurer le « progrès » et le développement que le traditionnel PIB (produit intérieur brut).

c. Une réduction du temps de travail.

Ceci est très central pour plusieurs Verts, qui sont en accord avec la formulation albanaise : « Travailler moins pour que tous puissent travailler ». Les Verts suédois ont réussi à introduire un droit pour que chacun puisse recevoir une année de salaire gratuite (friǻr) si on lui trouve un remplaçant sans travail. Cette mesure a été très populaire, mais a été abolie après la victoire de la droite en 2006. Les Groen belges ont proposé quelque chose de similaire (tijdverzekering). D’autres partis demandent une réduction du temps de travail à la fois comme une manière de « partage du travail » dans une société high tech, ainsi qu’une manière d’utiliser le progrès technologique d’une manière non consumériste. Mais la plupart des partis ne mentionnent pas ce point.

10. Droits de l’homme/ Liberté

La plupart des programmes verts mentionnent des menaces traditionnelles ou nouvelles à l’encontre de la liberté individuelle, parmi lesquelles les contrôles technologiques qui atteignent l’intégrité individuelle. Mais seulement un tiers des programmes étudiés mentionnent explicitement l’égalité de droits pour le homosexuels. Ceci est un enjeu très important pour certains partis, comme les Vertds d’Andorre, dont le programme a un chapitre spécial sur les « libertés sexuelles »[[Llibertas sexuals.]]. Les autres sont silencieux. Mais aucun parti Vert ne demande aucune sorte de discrimination des homosexuels. Seul les Verts suédois mentionnent les droits des « queers » (voir la contribution d’Angela Aylward).
Alors que la plupart des Verts mettent l’accent sur le pluralisme des médias sans restrictions imposées par le gouvernement, certains mettent également en garde contre d’autres menaces à l’égard de la liberté d’expression réelle, comme les Verts polonais qui disent que la démocratie est « menacée par la manipulation de l’opinion publique vu le contrôle des médias par des groupes ayant des intérêts particuliers, le populisme politique et la corruption »[[Demokracia jest obecnie zagrozona przez manipulacje opinia publiczna przy wykorzystaniu mediόw przez grupy interesόw, populizm polityczny i korupcje.]].

11. La bio-diversité

a. Pas de brevets sur la vie.

Point commun des programmes des Verts.

b. Droits des animaux.

La « protection » animale est une demande fréquente, mais les « droits » des animaux sont mentionnés dans peu de programmes.

c. La chasse.

La plupart des programmes des Verts ne mentionnent pas du tout la chasse. Ceux qui le font sont divisés. Certains sont en faveur d’une « chasse soutenable et bienveillante envers l’environnement » (Lettonie), alors que d’autres sont critiques à l’égard des lobbys de chasseurs (France) et demandent plus de restrictions (Malte). Peut-être ceci ne constitue pas une division d’une opinion de principe, mais reflète les situations différentes dans les différents pays.

12. La diversité culturelle

a. Une politique particulière pour les minorités nationales.

Tous les partis des pays comprenant des minorités nationales en grand nombre demandent plus de droits et de services pour celles-ci (Nouvelle-Zélande/Maoris, Australie/Aborigènes, Canada/Aborigènes, République tchèque/Roms, Norvège/Lapons, Brésil/Indiens…).

b. Intégration des minorités nouvelles.

La plupart des programmes des Verts parlent de pluralisme et de diversité et demandent le respect des différences culturelles. Dans le même temps, les droits de l’homme doivent être soutenus. Certains partis veulent supprimer « les mariages forcés » et « le voile ». Aux Pays-Bas, Groenlinks La Gauche Verte hollandaise dit « vivre ensemble, aller à l’école ensemble »[[samen leven, samen naar school.]] et demande que les enfants de toutes religions et tous groupes ethniques se rencontrent à l’école, alors que d’autres Verts (comme le Miljøpartiet suédois) acceptent « les écoles libres » (friskolor) sur base religieuse ou linguistique, en tant que politique de pluralisme culturel.

13. Commerce équitable.

a. Abolition ou réforme du FMI, de la Banque Mondiale, de l’Organisation Mondiale du Commerce.

Certains Verts veulent abolir certaines ou l’ensemble de ces organisations, alors que d’autres en demandent des réformes en profondeur. La plupart des Verts ont une attitude sceptique à l’égard du commerce complètement « libéralisé » et soutiennent des restrictions sur base environnementale ou sociale.

14. Autonomie

a. Promotion de l’économie locale.

Mentionnée par certains partis.

b. Prêts sans intérêts.

Ceci est une ancienne demande des économistes « alternatifs », que j’ai trouvée seulement dans les programmes des Verts suédois et norvégiens.

c. Promotion de la propriété de l’entreprise par ses employés/ Coopératives.

Ceci est mentionné comme une alternative à la fois à la propriété privée et à la propriété étatique dans certains programmes.

Qui sont les Verts – selon eux-mêmes ?

Un vrai Vert est « subversif », selon les Verts andalous. Le Partito Verde brésilien se considère comme « un canal pour l’action politique dans le champ institutionnel, au service du mouvement environnemental »[[Funciona como um canal de acao politica, no campo institucional, para servir o ambientalismo.]]. Les Verts iraniens déclarent ouvertement qu’ils se battent pour un « changement de régime ». La plupart des Verts s’identifient comme appartenant à l’opposition et représentant une nouvelle dimension politique. Certains Verts vont plus loin et affirment qu’ils ne sont ni de droite, ni de gauche, alors que d’autres disent, que même s’ils ne sont pas « socialistes » au sens traditionnel, ils appartiennent avec ces derniers à la gauche élargie. A partir de leurs programmes, il est clair que la plupart des partis Verts sont à gauche pour les enjeux qui se définissent en termes de droite/ gauche, mais représentent également quelque chose de nouveau quand l’on en vient aux enjeux typiquement verts, qui ne faisaient pas partie du discours politique il y a quelques décennies.

De quelle manière « la praxis » affecte « la théorie » parmi les Verts doit encore être analysé, ailleurs. Ceci ne fait en général pas partie des programmes, plate-formes de base et documents similaires. Mais, il est intéressant d’observer que les Verts autrichiens, l’un des partis verts européens les plus puissants, quoique n’ayant participé à aucun gouvernement, trouvent nécessaire de déclarer dans leur Grundsatzprogram (Programme de base) de 2001 que « nous avons transformé nos visions et buts en réformes implémentables – d’une alternative au système de partis, nous sommes allés vers un parti alternatif dans ce système »[[Wir waren gezwungen, unsere Visionen und Ziele zu umsetzbaren Reformschritten herabzubrechen. Von einer Alternative zum Parteiensystem wurden wir zur Alternative im Parteiensystem.]].

Sans être capable de corroborer ceci, je peux néanmoins admettre de ma lecture extensive des programmes des Verts que j’ai l’impression qu’il y a une relation entre la praxis et la théorie, qu’il y a plus « d’écologie profonde » (deep-ecology) et de pensée « subversive » dans les programmes des partis verts qui sont le plus éloignés du pouvoir politique exécutif, que dans les programmes de ceux qui sont ou ont été partenaires de coalitions gouvernementales.
Peut-être pas une idéologie verte, mais une pensée commune.

Comme je l’ai montré, les Verts ont des opinions divergentes sur certains points ; sur d’autres, plusieurs partis n’ont pas de position claire ou déclarée. L’accent est mis différemment, l’âge, la taille et la place de chaque parti Vert dans le système politique peuvent jouer un rôle dans les politiques choisies. En même temps, j’ai l’impression que partout, il y a une sphère très large de pensée commune verte. Cela n’est peut-être pas suffisant pour parler d’une idéologie verte (pour une discussion approfondie de ce concept, voir la contribution de Mike Moon), mais en même temps, il peut vraiment y avoir une quantité impressionnante de « pensée commune » de la part de partis politiques d e pays d’endroits aussi différents que la Suède et la Somalie, la Russie et le Brésil, Taïwan et le Bénin. Je doute qu’aucune autre famille politique, incluant les « grosses », comme les socialistes et les libéraux, soient capables de faire preuve d’autant de pensée commune parmi les partis « membres de la famille », étendue à la planète.

Quand j’étais membre du Groupe des Verts au Parlement Européen de 1995 à 2004, les critiques ont noté que nous n’étions pas tous d’accord à propos des drogues, de la prostitution et de la structure fédérale de l’Union Européenne. Ceci était vrai, mais, dans l’ensemble, les statistiques ont montré qu’aucun autre groupe du Parlement Européen ne votait de manière aussi cohésive que les Verts.

Dans chaque groupe politique démocratique, parti, mouvement, il y a des différences d’opinion sur certaines questions. Mais ma semaine à lire quelque quarante programmes et plate-formes verts a renforcé ma conviction que le slogan « Penser vert pour un lien global » n’est pas seulement un slogan que les Verts suédois ont utilisé pour une importante conférence internationale des Verts à Stockholm en 1987, mais la description d’un état de fait. Il y a une manière verte de penser et elle est assez forte pour maintenir ensemble des centaines de partis et de groupes, des centaines de milliers d’activistes politiques dans le monde entier, dans un effort commun pour un monde en équilibre écologique.

Références
Quelques-uns des documents politiques utilisés sont :

 Albanie : THE PROGRAM OF THE GREENS PARTY OF ALBANIA (en anglais)

 Afrique du Sud : Web presentation of the Green Party of South Africa, also known as The Government by the People Green Party, pas de date (en anglais)

 Allemagne : Ein für alle : Das grüne Wahlprogramm 2005 (en allemand)

 Andalousie : Estatutos de los Verdes de Andalucia, revisados, modificados y aprobados el 14-5-2006 en el XII Congreso (en espagnol)

 Australie : Take Action, Green Action, Greens Policy Initiatives, Federal election 2007 (en anglais)

 Andorra : Verds d’Andorra – Declaracio de principis, fevrer 2003 (en catalan)

 Belgique/Wallonie & Bruxelles : Une terre plus verte, un monde plus juste, ECOLO présente ses priorités de campagne pour les élections du 10 juin 2007 (en français).

 Belgique/Flandre : De toekomst begint nu, programma Groen ! voor de federale verkiezingen van 10 juni 2007 (en néerlandais)

 Bénin : Le contrat d’avenir pour les béninois, proposé par les VERTS du Bénin, 2005 (en français)

 Brésil : Programma do partito verde – PV, Convencao Nacional, Brasilia/ DF, 2005 (en portugais)

 Bulgarie : Лрограма на Зелената партия, 01 февруари 2007 (Bulgarian)

 Canada : Green Party of Canada Platform 2006 (en anglais)

 Chili : Sobre el partido Ecologista Nosotros/ 6 de Mayo de 2007 (en espagnol)

 Colombie : CODIGO DE ETICA DEL PARTIDO VERDE OXIGENO, 15 de diciembre de 1997 (en espagnol)

 Croatie : GREENS FOR ZAGREB, PROGRAM, PRINCIPLES , Accepted and proclaimed at the Constituent Assembly on december, 29, 2004 (en anglais).

 Danemark : De Grønnes Ideprogram, pas de date (en danois)

 Ecosse : The Principles of the Scottish Green Party, pas de date (en anglais)

 Etats-Unis : Platform 2004, as adopted at the National Nomination Convention, – Milwaukee, Wisconsin, June 2004 (en anglais)

 Finlande : Manifesto of the Green League, Approved by the Annual Party Congress on 28 May 2006 (en anglais)

 France : Le monde change avec les Verts : changeons le monde, L’écologie/ Les Verts, 2007 (en français)

 Grèce : Ecogreens – programmic proposals – general elections 2007 (en anglais)

 Iran : Green party of Iran Platform, pas de date (en anglais)

 Irlande : Manifesto 2004 European and Local elections, Green party/ Comhaontas Glas (en anglais)

 Italie : Statuto – TITOLO 1 , PRINCIPI, Art.1 Dichiarazione sui principi ispiratori (pas de date) (en italien).

 Japon : Ecolo Japan – Five Basic Principles of Our Group, pas de date (en anglais)

 Lettonie : Programme of Latvian Green Party, August 2002 (en anglais)

 Luxembourg : La déclaration de principe du parti DEI GRENG , pas de date (en français)

 Malte : Alternativa demokratika – Our principles/ II- principji taghna, pas de date (en anglais/ en maltais)

 Mexique : DECLARACION DE PRINCIPIOS, EL PARTIDO VERDE ECOLOGISTA DE – MEXICO, pas de date (en espagnol)

 Moldavie : DECLARATIA POLITICA a Partidului Ecologist « Alianta Verde » din Moldova Adoptata de Congresul III din 25.12.2004 (en moldave)

 Nouvelle-Zélande : The Green Charter, the founding document of The Green Party of Aoteroa New zealand, pas de date (en anglais)

 Norvège : Miljøpartiet de Grønnes manifest 2005-2009, vedalt av landsmøtel 2005 pǻ Hafjell, endret av landsmøtel 2006 i Trondheim (en norvégien)

 Pays-Bas : Groei mee, programma van Groen Links, Tweede-Kamerverkiezingen 22 november 2006 (en néerlandais)

 Philippines : green Philippines’platform 2000, greenphilippines.org (en anglais)

 Pologne : Zielony manifest, Kluczowe tezy programowe Zielonych 2004 (en polonais)

 Portugal : Os verdes – Programa Aprovado na IX Convençao Nacional Ecologica 16 e 17 de Maio de 2003 Casa do Artista Lisboa (en portugais)

 Québec : Nous sommes tous verts, Plate-forme du Parti Vert du Québec 2007 (en français)

 Roumanie : Party profile, European Green Party (en anglais)

 Royaume-Uni : Green Party of England and Wales – Statement of Core Principles, Remis à jour 18 Mai 2001 (en anglais)

 Russie : Проект Программы политиуеской партин “Союз зелёных России” (“Зелёная Россия”). В редакции федеральното Политсовета партии от 6 сентября 2005 r. (Russian)

 Slovénie : Guiding principles of the Youth Party of Slovenia (en anglais)

 Somalie : About the History of Somalia Green Party, by Eng, Ahmed Haaji, Msc (Environnementaliste) Director International relations, Somalia green Party (SGP), pas de date (en anglais)

 Suède : Miljøpartiet de Grønas partiprogram, antaget of kongressen 2005 (en suédois)

 Suisse : Ein andere Welt is möglich, Manifest der Grünen Schweiz, verabsciedet von der DV am 24 August 2002 (en allemand)

 Taïwan : History of Green Party Taïwan, 12/20/2000 (en anglais)

 Tchéquie : Volebni program Strany zelenych “Kvalita zivota” pro volby do Poslanecke snemovny 2006 (en tchèque)

 Turquie : Ten Basic Principles of yesiller. Discussed and adopted in Bodrum meeting in 20-23 April 2002 (en anglais)

 Ukraine : ELECTORAL PROGRAM OF PARTY OF GREENS OF UKRAINE, pas de date (en anglais)

 Vénézuéla : ¿ Qué es un Movimiento Ecologico Venezolano o Movimiento Verde ?, pas de date (en espagnol)

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