Une économie forte est une économie qui maîtrise son énergie

L’énergie est le sang de nos économies et de nos sociétés. Manger, se déplacer, communiquer et s’informer, travailler, rédiger ce livre ou le lire : l’énergie est logée dans chaque acte de notre quotidien. Tout notre imaginaire, notamment celui du progrès, s’est forgé sur l’illusion d’énergies fossiles abondantes et bon marché.

Or, depuis quelques années, le mythe d’une énergie infinie et bon marché s’est effondré et « maintenant que la bise est venue », nous voilà fort dépourvus… Les conflits géostratégiques pour se partager les sous–sols se multiplient ; les prises de risques environnementales pour creuser toujours plus loin, toujours plus profond, méprisent notre capital vital en biodiversité ; les coûts énergétiques explosent. Ils fragilisent la compétitivité de nos entreprises – signe qui ne trompe pas : certaines envisagent aujourd’hui leur délocalisation non plus vers un de ces pays low cost qui font les soldes sur les salaires, mais bien vers un improbable éden énergétique. Et surtout, la hausse des coûts énergétiques frappe de plein fouet les habitants de nos régions, et particulièrement les moins nantis d’entre nous.

La transition énergétique que nous, écologistes, réclamions depuis des décennies est devenue urgente, même si certains font semblant de croire que l’exploitation des gaz de schiste permettra de ne rien changer. Il s’agit d’un mirage à la fois dangereux, car les techniques utilisées pour récupérer le gaz de schiste sont partout plus qu’inquiétantes pour l’environnement, et tout à fait inefficaces puisque, à l’instar de toute énergie fossile, le gaz de schiste produit du CO2. Ce type de combustible incarne incontestablement davantage le passé que l’avenir.

Ne serait–ce qu’en raison de la dégradation du climat, la sortie des énergies fossiles devra s’effectuer à un rythme bien supérieur à celui qui aurait été nécessaire si, pendant les trente dernières années, l’argent de la recherche européenne n’avait pas été gaspillé à soutenir directement et indirectement l’industrie nucléaire, si les transports en commun n’avaient pas été autant sous–investis, si trop de gouvernements successifs n’avaient pas abandonné la politique énergétique aux opérateurs privés.

Accepter de faire face lucidement à l’ampleur des problèmes et à l’ineptie des « vieilles recettes » conduit à tout, sauf à la résignation. Les résignés, ce n’est pas nous ! Ce sont ceux qui pensent invariablement le monde d’aujourd’hui avec des concepts d’hier. Ce sont ceux qui veulent appliquer au xxie siècle les recettes qui ont échoué au xxe. Ce sont ceux qui espèrent que les placebos suffiront à repousser la crise à plus tard.

Le courage politique ne consiste pas à insulter l’avenir en niant l’évidence mais, au contraire, à proposer des pistes justes, ambitieuses et fédératrices. Celles–ci doivent combiner faisabilité technique, robustesse budgétaire et impact concret et positif dans le quotidien de la population. Cette politique du projet plutôt que du sparadrap sera seule à même de redonner confiance en l’avenir… et en la politique.

Vous l’aurez compris, pour Ecolo, mettre en œuvre un projet énergétique ambitieux, tant à l’échelle de nos Régions que du continent européen, constitue à la fois la condition sociale et la condition économique du redéploiement de nos Régions.

Concrètement, le programme énergétique des écologistes se résume en trois idées fortes : aider les particuliers à consommer beaucoup moins ; épauler stratégiquement les entreprises pour améliorer leur compétitivité en maîtrisant leur consommation ; maximiser notre souveraineté énergétique en faisant le choix du passage au renouvelable.

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