etopia
Comprendre les enjeux de la ruralité pour re(créer) des villages durables
VILLAGES DURABLES - Pistes pour l’action locale
 
 
Laurence Lambert

Ingénieur agronome de formation, Laurence s’intéresse à l’environnent au sens large, à l’agriculture, et au développement durable, particulièrement en milieu rural.

« Préparer durablement aujourd’hui le monde dans lequel nos enfants vivront demain, quel défi ! »

Autres articles
Sauvegarder et restaurer la voirie vicinale
Thuin-Botte du Hainaut : une Communauté de Communes pour la création d’activités et d’emplois durables
VILLAGES DURABLES - Pistes pour l’action locale
L’alimentation durable, enjeu de la politique agricole wallonne ?
Slow Food : où en est l’agriculture wallonne ?
La qualité différenciée en production porcine : enjeu du développement de la filière ou simple alibi pour un secteur difficilement accepté ?
Slow Food : où en est l’agriculture wallonne ?
rubrique
 
Derniers articles de cette rubrique
Demain, la robotisation heureuse ?
L’Iran en transition
5 ans après : des Révolutions Arabes à Daesh ?
Ecologie industrielle en Wallonie
Qui sont ces Belges partis combattre en Syrie ?
Ecolo, la démocratie comme projet - Partie 2
Ecolo, la démocratie comme projet - Partie 1
rubrique
 
mots
publications - Notes, traductions…
La réinvention du monde
La réponse que fit chef Seattle, en 1854, au président des USA
publications - Revue Etopia 5
« Green Deal » : un nouveau chantier pour l’Europe
publications - Analyses
Les MOOC sur le développement durable
Quel futur pour le pétrole face au réchauffement climatique ?
Sommes-nous plus malins que les dinosaures ?
Vers une recherche scientifique pour des temps nouveaux
publications - Notes, traductions…
La densité des villes
publications - Analyses
Bruxelles mobile et verte ? Réflexion sur la mobilité durable à partir d’une conception verte de la ville
Bruxelles et l’Europe
Quartiers durables : ordre, désordre, contrordre
Quartiers durables : Un concept soutenable ?
Bruxelles, capitale humaine et culturelle de l’Europe
Entre canicule et inondations : utiliser les crises pour approfondir la démocratie
publications - Etudes
VILLAGES DURABLES - Pistes pour l’action locale
Agenda 21 local : un engagement communal sur la voie du développement durable
publications - Brochures
Un besoin vital de biodiversité en Wallonie
publications - Dossier 2 : Slow Food : bon, propre et juste
Pour une pluralité d’agricultures
formations - Les formations
Vers des villes durables
publications - Analyses
Agriculture urbaine : utopie par-delà ville et campagne ?
Focus et comparaison des Villes en transition
Bruxelles et l’Europe
publications - Etudes
VILLAGES DURABLES - Pistes pour l’action locale
formations - Les formations
Vers des villes durables
formations - Samedi après-midi
Agriculture urbaine : la campagne s’invite en ville
formations - Les conférences
Quelles formes prendra la ville de demain ?
 
Partage
Réseaux sociaux
Forum
en construction
 
 
 
 

Avec la collaboration de Philippe Soutmans et Nathalie Totin, chercheurs-associés à Etopia

1 Introduction – Nos villages hier, nos villages aujourd’hui

"Vu de loin, rien n’a changé… Ca a l’apparence de la campagne, ça a la saveur de la campagne, ça sent la campagne, mais ce n’est plus la campagne ou si peu !"(d’après Yves Luginbühl).

Les villages d’aujourd’hui, tels des oasis de verdure, sont toujours groupés au milieu de terres agricoles dominées par les champs voués aux grandes cultures. Tous les attributs de l’archétype paysager des campagnes semblent encore présents et l’imaginaire collectif est profondément empreint de cette image figée du paysage rural. Mais pour qui vit à la campagne depuis une trentaine d’années, que de changements ! Le décor s’effrite, les acteurs ont changé et les scènes qu’ils jouent quotidiennement n’ont plus rien à voir avec les tableaux champêtres qui, il y a encore cinquante ans, reflétaient la vie rurale.

Quelles sont les grandes mutations de nos campagnes ?

1er constat : un village résidentiel s’installe au milieu de terres agricoles.

Le village est sorti de ses limites historiques : des villas en rubans le long des routes et/ou des lotissements ont démultiplié l’espace bâti. Au cœur du village ou à sa périphérie, le bâti agricole ancien a été transformé en résidence et de nouvelles constructions apparaissent au sein même du périmètre villageois créant une densification des cœurs de villages. La rareté des terrains et des habitations a entraîné une augmentation importante de leurs prix.

Selon les lieux, le village s’est tantôt équipé, tantôt vidé de services de proximité. Dans le même temps, des services nouveaux apparaissent au sein du village mais aussi en périphérie. Des (petits) parcs d’activités économiques ponctuent les abords des villages et/ou des grands axes, formant une « industrialisation diffuse » réduisant l’espace anciennement cultivé. Le village d’aujourd’hui n’est plus centré sur l’agriculture. Il est multifonctionnel : agriculture, lieu de résidence, tourisme, artisanat, services… Il est valorisé : « village du livre » ; « plus beaux villages de Wallonie » ; « village fleuri ». Même l’activité agricole s’y diversifie : « bio », « produits du terroir », fermes pédagogiques, chambre d’hôtes… Cependant, l’agriculture elle-même n’est plus la seule activité créatrice de richesses.

La fonction agricole est rejetée hors du village ou à sa périphérie. Les anciennes fermes les mieux localisées sont modifiées de fond en comble, agrandies, transformées en habitations individuelles ou collectives, voire en restaurant, en espace de loisirs... De nombreux hangars et bâtiments d’élevage subissent le même sort. D’autres sont abandonnés, détruits ou changent d’affectation. Les anciennes fermes à valeur historique ou architecturale, relativement préservées tant qu’elles étaient en exploitation sont transformées en salles de réceptions. Par contre, l’habitat du fermier s’est déplacé et de nouvelles exploitations, modernes, sont construites au milieu des terres agricoles. Le bâtiment d’habitation n’est plus différent des maisons résidentielles avoisinantes. Seuls les hangars, silos, étables... qui l’entourent témoignent de l‘activité agricole.

S’ils n’ont pas été supprimés, de nombreux sentiers et chemins ont été bétonnés pour faciliter le déplacement des engins agricoles. Quelques-uns ont été revalorisés en itinéraires pédestres, cavaliers et/ou cyclistes. Les bois sont voués à la sylviculture, aux loisirs (promenades, VTT, mouvements de jeunesse, chasses…) et à des fonctions environnementales (réserves de biodiversité).

2ème constat : La vie au village se coupe du monde agricole et une nouvelle ruralité s’installe.

Travaillant majoritairement dans le secteur tertiaire en dehors du village, les habitants ont vu leur niveau de vie augmenter et ce, proportionnellement à l’augmentation du niveau d’instruction des deux conjoints. Dès lors, aujourd’hui, pour vivre à la campagne, il faut être mobile ! La voiture individuelle fut le vecteur de la transformation de la vie à la campagne, les ruraux en sont devenus dépendants. A la différence des habitants des campagnes d’hier, les nouveaux résidents ruraux ont choisi la campagne comme cadre de vie : les lieux d’habitat sont retenus pour leur environnement, mais le lieu de travail est bel et bien séparé du lieu de résidence.

De nouveaux besoins apparaissent : entretien des voiries, création de crèches, agrandissement des écoles, lieux de rencontres, équipements sportifs et artistiques, … Comme ils sont difficilement rencontrés par les pouvoirs communaux, les habitants se déplacent fréquemment vers les bourgs avoisinants.

Si parfois des fêtes traditionnelles ont été maintenues, voire même réinvesties, de nouvelles fêtes villageoises sont apparues, centrées davantage sur la convivialité que sur l’identité locale traditionnelle. Dès lors, une nouvelle sociabilité se développe, reposant sur de nouvelles valeurs : qualité de la vie, cadre, relations. La fête au village change : elle est plus conviviale qu’identitaire. Les modes de relation sont extérieurs et distants : « barbecue - jardin - été ».

Dès lors, les règlements communaux mais aussi les pétitions gouvernent la vie villageoise arbitrant tant bien que mal les conflits d’usage, notamment entre agriculteurs et résidents.

En somme, société rurale et société urbaine n’ont jamais été aussi proches ; la nouvelle ruralité n’est qu’un versant de la nouvelle urbanité.

(La suite dans le fichier attaché ci-joint)

TABLE DES MATIERES

1 INTRODUCTION – NOS VILLAGES HIER, NOS VILLAGES AUJOURD’HUI

2 LE TERRITOIRE : ENJEU FONDAMENTAL DE LA RURALITE
2.1 DIMENSIONS DU TERRITOIRE
2.2 OCCUPATION DU SOL
2.3 IMPACTS DE L’ÉTALEMENT URBAIN ET DE LA PRESSION SUR LE TISSU RURAL
3 DU DEVELOPPEMENT DURABLE AUX VILLAGES DURABLES

3.1 DU GLOBAL AU LOCAL, NOS VILLAGES SONT CONCERNÉS
3.2 VILLAGE DURABLE : UNE PARTICIPATION CITOYENNE AU CŒUR DE LA GESTION DU CADRE DE VIE
3.2.1 Le développement rural
3.2.2 Le parc naturel
3.2.3 Le contrat de rivière
3.2.4 Le plan (inter-)communal de mobilité
3.2.5 Le Plan communal de développement de la Nature
3.3 REPÈRES POUR UN VILLAGE DURABLE

3.3.1 Agriculture : production locale pour consommation locale
3.3.2 Répondre à l’offre de logements moyens et sociaux
3.3.3 Enjeux énergétiques et planification
3.3.4 Pistes pour un lotissement durable
3.3.5 Nouveaux modes d’habitat… l’exemple de l’habitat groupé
3.3.6 Quelques mesures à encourager pour préserver et restaurer la biodiversité
4 EXEMPLE : BECKERICH, COMMUNE LUXEMBOURGEOISE VERTE
5 CONCLUSION
6 BIBLIOGRAPHIE


©©