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Elections : pour que la grenouille ne s’endorme pas !
 
agendaJuin 2007
 
 
 
 
 
Benoît Lechat †

Né à Eupen en 1960, Benoît Lechat a été au Groupement des Jeunes Protecteurs de la Nature (GJPN) à la fin des années ’70 avant de faire des études de philosophie et de journalisme. Après avoir couvert l’actualité sociale à l’Agence Belga pendant les années ’90 et notamment les mouvements des enseignants et des étudiants, il a rejoint l’équipe d’Isabelle Durant au Ministère fédéral de la Mobilité et ensuite Etopia en 2004. Il publie régulièrement dans la Revue Nouvelle des articles consacrés à la politique et aux médias belges.

Il est responsable des publications chez Etopia, membre du Conseil scientifique de la Fondation de l’Ecologie Politique et rédacteur en chef du Green European Journal

Benoît est décédé le 8 janvier 2015

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S’il y a bien une image qui a été retenue du film d’Al Gore, « Une vérité qui dérange », c’est celle de la grenouille qui ne quitte son bocal que lorsqu’on y verse de l’eau bouillante. Si on la tiédit progressivement, elle ne bouge pas et finit par être anesthésiée. Au lendemain des élections législatives belges, cette image peut encore nous inspirer. Dans la Belgique politique de l’après 10 juin, l’enjeu écologique et en particulier l’enjeu climatique semblent noyés quelque part entre la déroute des socialistes, la scission de BHV et la perspective d’une majorité orange-bleue...

Pourtant, il y a urgence ! Nous devons très vite débattre et agir collectivement pour lancer les mesures qui vont faire entrer l’économie belge dans l’ère de la sobriété énergétique et nous libérer des dictatures technologiques héritées du passé... S’imaginer que cela pourra se faire sans un changement fondamental de cap en matière fiscale, économique et sociale est une vue de l’esprit. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’écologisation du discours de certains lobbies comme la FEBIAC qui serait sur le point de parvenir à nous faire croire qu’il est possible de réduire de 75 pc nos émissions de Gaz à Effet de Serre tout en vendant de plus en plus de voitures (rappel : il y en a déjà 5 millions en Belgique), même moins polluantes...

On doit bien sûr se réjouir que la protection de l’environnement devienne une préoccupation de la société industrielle et des partis traditionnels, de gauche comme de droite. Mais on ne pourra vraiment s’en réjouir que lorsque notre société aura réduit radicalement son empreinte écologique globale et qu’elle aura cessé de presser les ouvriers, les employés et les cadres comme des citrons... avant de les jeter. La croissance de la Belgique a été de 3% en 2006 et elle sera de 2,5% en 2007. Très bien, se réjouit la Banque Nationale. Pourtant la violette (en ce compris le MR, même si c’est dans une moindre mesure) a été sanctionnée. Pourquoi ? On fera ici l’hypothèse que c’est parce que de plus en plus de citoyens jugent insupportable que cette croissance se fasse au prix d’une insécurisation sociale de plus en plus grande (et du maintien d’un taux de chômage à deux chiffres en Wallonie et à Bruxelles) et sans répondre du tout à l’attente d’un développement réconcilié avec la planète.

Comprendre que les urgences écologiques et sociales sont liées et mettre rapidement en œuvre des solutions originales pour y répondre, restent plus que jamais les tâches prioritaires de tous ceux qui ont envie que la grenouille ne s’endorme pas.

Les dernières publications :

Migrations et environnement : Introduction sur une relation méconnue et souvent négligée, François Gemenne, chercheur-associé à étopia et aspirant FNRS
La catastrophe de La Nouvelle-Orléans est sans précédent dans l’histoire des Etats-Unis. Le drame des ses habitants déplacés, incapables de rentrer chez eux, condamnés à reconstruire leur vie ailleurs, trouve pourtant des échos aux quatre coins du monde et dans chaque période de l’histoire. Invariablement, chaque catastrophe naturelle jette sur les routes de l’exil son lot de déplacés et d’évacués. Certains reviennent rapidement, d’autres après plusieurs années, d’autres jamais. Certains sont évacués dans la hâte, d’autres mûrissent longtemps la décision de partir. Certains franchissent une frontière, d’autres -plus nombreux- restent à l’intérieur de leur pays. Tous ont en commun d’être poussés à l’exode par des dégradations de leur environnement immédiat et d’être ce que l’on appelle aujourd’hui couramment, ou presque, des « réfugiés environnementaux ».

Note de lecture : "L’exil de soi. Sans-abri d’ici et d’ailleurs", de Lionel Thelen, par Bernard De Backer, chercheur-associé à étopia
Dans un ouvrage dense et parfois poignant, combinant diverses approches en sciences sociales - dont des phases d’immersion « participante » sur le terrain (!) - Lionel Thelen décrit la réalité des sans-abri de longue durée à Lisbonne, Paris et Bruxelles et Verviers. Il analyse les dispositifs d’aide et d’accueil des personnes sans domicile. On se gardera bien de tenter de résumer ce livre de 300 pages (version abrégée d’une thèse doctorale) dont certaines parties nouent l’estomac devant autant de violence et de cruauté de certains dispositifs. Précisons que l’objet principal est d’analyser le commun dénominateur qui lie les personnes clochardisées : « la désocialisation aiguë », aboutissant à une véritable « dépersonnalisation » et « désubjectivation », d’où le titre de l’ouvrage.

Climat : analyse de la position de la Chine, Hai Lan (pseudonyme), chercheuse-associée à étopia
Vue d’Europe, la position de la Chine sur la lutte contre les changements climatiques semble parfois difficilement acceptable. Comment comprendre que ce pays qui est sur le point de devenir le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre soit aussi réticent à s’engager dans la fixation d’objectifs chiffrés alors que la réalité du réchauffement y est pleinement reconnue ? Ce texte avance quelques éléments d’explications politiques et économiques pour éclaircir un débat crucial dans le cadre de la préparation de l’après Kyoto. Est-ce un manque d’information ? Un refus de voir la réalité du changement climatique ? Ou tout simplement une analyse qui repose sur des concepts différents des nôtres ?

Nucléaire : fausse solution, vrai problème, Jean-François Fauconnier
"Sortir du nucléaire alors qu’il faut réduire les émissions de CO2 et trouver des alternatives à un pétrole impayable ? Vous n’y pensez-pas !" L’enjeu climatique semble offrir une seconde jeunesse au nucléaire. Mais la solution atomique reste un leurre. La priorité est plus que jamais de réduire de manière drastique nos consommations d’énergie et de développer les énergies renouvelables. Sans retourner à la bougie. C’est possible.

Et les avant-dernières publications :

L’écologie politique, alternative à l’écologie canada dry : Huit bonnes raisons pour des partis écologistes forts, Benoit Lechat, étopia
Podcast : Trois conférences des Rencontres des Nouveaux Mondes sur le Slow Food à écouter :


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