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Rapport des Rencontres des Nouveaux Mondes "Après le pétrole : un monde à inventer"
 
 
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La deuxième édition des Rencontres des Nouveaux Mondes s’est tenue les 21, 22 et 23 avril 2006 sur le thème : « Après le pétrole, un monde à inventer ». Organisées par étopia, avec le soutien du Groupe des Verts au Parlement Européen, elles ont pris la forme d’un jeu d’ateliers et de débats nous projetant dans le futur à un horizon de vingt ans. Des jeunes de 15 à 35 ans s’y sont exprimés et ont tenté de formuler des scénarios pour les mondes de demain. Cette initiative a pris son inspiration dans « l’Université du Nouveau Monde » organisée au Québec pour la première fois en 2004 (www.inm.qc.ca).

Atelier 1 : Le plein de nouvelles énergies !
Quelles énergies renouvelables après le pétrole ?

  • Mettre en place un réseau de témoins volontaires qui ont déjà fait un investissement URE (Utilisation Rationnelle de l’Energie) et SER (Sources d’Energies Renouvelables).
  • Proposer un dispositif « itinérant » deux fois par an dans chaque commune, permettant à toute personne désireuse de s’équiper de systèmes URE/SER, de rencontrer des investisseurs (particuliers, financiers, banques...) prêts à fonctionner selon la logique du tiers payant pour des projets URE et SER, et/ou des dynamiques telles que coopérative d’achats et achats groupés.
  • Créer un événement annuel adressé directement aux bourgmestres de Wallonie et de Bruxelles autour des URE et SER. Par exemple, lors de l’inauguration d’un projet SER.

Atelier 3 : Relocaliser l’économie : Comment aménager le territoire pour une économie de proximité ?

  • Améliorer l’accessibilité par la valorisation du vélo (pistes cyclables), l’encouragement de la location de voiture (cambio) , valoriser les piétonniers par la création de parkings de dissuasion gratuits à l’entrée des centres urbains, inciter fiscalement à abandonner la voiture au profit d’autres moyens de transport, développer le transport fluvial et le rail pour les marchandises, le transport en commun fluvial, organiser des marchés nocturnes pour que les personnes qui travaillent la journée puissent avoir accès à des produits locaux.
  • Renforcer le lien social par la création de potagers publics dans chaque commune, de maisons témoins dans tout le pays où toutes les solutions d’économie d’énergie sont visibles, faire la promotion des espaces verts et des aires de jeux, la promotion des réseaux d’échanges et de savoirs.
  • Mettre en place des filières courtes via la création d’un label de proximité, utiliser les déchets pour produire de l’énergie, produire des panneaux solaires au niveau local.
  • Garantir la mixité et la complémentarité via un droit de regard des pouvoirs locaux et un renforcement de la mixité de la diversité des activités commerciales.
  • Faire connaître les résultats positifs de l’économie de proximité.

Atelier 4 : Habiter en maison solaire : le nouvel horizon de l’architecture ? Comment habiter sans pétrole ?

  • Améliorer la sensibilisation sur les avantages du solaire, et pourquoi pas lancer un « Bob » du solaire ?
  • Changer la réglementation : créer un label pour les nouvelles constructions et la rénovation, revoir les règlementations urbanistiques en opposition avec le souci écologique, créer un permis d’urbanisme plus complet et plus concret du point de vue énergie, prévoir des normes plus sévères pour les logements sociaux et les bâtiments publics, donner des prêts avantageux pour la construction à faible consommation d’énergie, imposer plus de logis par surface pour rentabiliser l’espace et favoriser les apports d’un ensemble.
  • Réfléchir à la répartition des honoraires de l’architecte, y inclure un facteur efficacité énergétique/écologique.
  • Lancer des exercices de bilans énergétiques dans les écoles.

Atelier 5 : Cultiver des patates ou des bidons  ? Entre nouvelles techniques et nouveaux débouchés, quel avenir pour l’agriculture ?

  • Arriver à des modèles de production moins énergétivores par le choix des productions en fonction des potentialités locales et des cycles biologiques.
  • Recourir à des techniques agronomiques appropriées par rapport à l’objectif de réduction de la consommation d’énergie (association agriculture-élevage ; techniques sans labour, agriculture biologique, races rustiques et variétés locales, ...)
  • Changer les modèles de commercialisation (notamment via le soutien aux réseaux de commercialisation permettant la rencontre producteurs – consommateurs à un niveau local, (soutien aux coopératives...).
  • Appréhender l’agriculture comme pourvoyeuse potentielle des énergies alternatives aux énergies fossiles (ex : exploitation de la biomasse). Arriver à l’horizon 2050 à l’auto-suffisance énergétique du secteur agricole et par la suite alimenter en énergie d’autres secteurs.

Atelier 6 : Comment nos enfants se déplaceront-ils ? Quelle mobilité pour les personnes et les marchandises dans 20 ans ?

Changer le rapport à la voiture :

  • Améliorer le transport public et son image : abonnement général d’un an offert au jeune qui atteint sa dix-huitième année, meilleure coordination entre les différents opérateurs de transport public (ticket unique), horaires coordonnés, harmonisation des systèmes de tarification au plan européen.
  • Encourager le vélo : offrir un vélo (pliable) au jeune qui atteint sa dix-huitième année (offre non cumulable avec l’abonnement général), promouvoir les plans vélos-entreprises, des communes, encourager le bike-pooling.
  • Améliorer l’information et la culture de l’autre mobilité : un portail fédéral sur la mobilité et les modes de déplacements (www.mobility.be), un guichet unique et un ticket unique, initiation dans l’enseignement primaire.

Changer la voiture d’aujourd’hui

  • Vers une voiture plus verte : par le soutien à recherche technique pour remplacer le pétrole (voiture hybride, carburant vert, pile à combustible), par l’utilisation de matériaux, matières premières...plus respectueux de l’environnement tout en garantissant une meilleure sécurité routière ;
  • Vers une utilisation plus verte de la voiture : par la limitation de la vitesse maximale de toutes les voitures, la taxation sur base des rejets en CO2, l’encouragement du car-sharing et du co-voiturage, vers une utilisation plus ‘relationnelle’ de la voiture, par exemple organiser des fêtes de quartier pour organiser la mobilité locale dans le cadre de la Semaine de la Mobilité.

Atelier 7 : Usines vertes pour produits verts : la nouvelle révolution industrielle ? Ecologie industrielle, éco-produits, technologies propres : comment produire autrement ?

Tous les produits et services sobres en énergie connaîtront un développement énorme. On assistera au développement d’une économie de services (de « fonctionnalités ») remplaçant une économie de produits, au succès des produits de qualité et à longue durée de vie.

Les approches « facteur 4 / facteur 10 », visant à produire un même confort avec 4 à 10 fois moins de ressources naturelles connaîtront un grand succès, la recherche de gains de productivité étant orientée vers la moindre utilisation des ressources naturelles sur l’ensemble du cycle de vie des produits plutôt que vers la diminution de l’utilisation du facteur travail.

L’ensemble des processus industriels évolueront vers des approches intégrées, écologiques (« écologie industrielle », éco-zonings).

On verra également des modifications profondes de la composition et de l’utilisation des produits à forte intensité de pétrole : réduction de la consommation de la viande et des aliments transportés sur de grandes distances, modification des méthodes de conservation des aliments, réduction des emballages, développement des biomatériaux et des bio-emballages.

Ces développements seront rendus possibles par des avancées technologiques issues de la recherche, en particulier celles s’inspirant de l’ingéniosité de la nature elle-même (bio-mimétisme).

Atelier 8 : Décroissance, oui mais de quoi ? Consommer moins d’énergie ou moins de tout ? Et puis d’abord, pourquoi consommer ?

Jean-François :

Je propose que les produits qui nous viennent de l’étranger soient ballottés au gré de l’eau ou filent sur des rails luisants plutôt que de les voir griffer mon ciel bleu ou réveiller les oiseaux.

Je choisis de m’habiller selon mes besoins plutôt que selon les canons de la mode. Porter une marque pour se différencier des autres c’est réservé au bétail.

Je propose que les bénéfices des produits pétroliers soient affectés à une baisse généralisée du coût des technologies favorisant directement les économies d’énergies dans le budget des ménages.

Je choisis de profiter de mes déplacements quotidiens pour partager la vie des habitants de mon quartier et pour renouer le lien social dans des transports en commun confortables, accessibles et non polluants.

Veronica :

Je propose une publicité avec des limites... remettons la publicité à une juste place.

Je propose, par des quotas, que la publicité invite aussi à la simplicité.

A Noël, je choisis d’offrir des cadeaux non-matériels.

Je propose que l’affichage des prix des biens et des services que nous consommons révèle explicitement les coûts de production (transports, prédation écologique, marketing...).

Dawinka :

Je choisis d’expliquer concrètement les conséquences de la croissance continue et je donne des pistes pour un futur souhaitable.

Je propose que les médias programment une émission régulière d’éco-consommation.

Je choisis de revoir mon rapport au temps en renouant avec le temps biologique... en reprenant le temps de vivre...

Je propose de relocaliser l’habitat et l’économie, de réinventer la vie de quartier.

Marie

Je choisis d’être plutôt que d’avoir.

Je propose que la société développe et entretienne l’esprit critique et l’importance du choix. Il y a parfois beaucoup à gagner dans le fait de renoncer.

Je choisis d’aimer plutôt que de gâter.

Je choisis, à travers mes actions concrètes de chaque jour, d’être un « exemple » pour les gens qui m’entourent... de rayonner !

Atelier 9. Un gouvernement énergétique pour la Terre  ? Comment partager l’énergie au plan mondial ?

Mettons-nous à 20 ans :

Penser l’Europe selon l’énergie revient-il à repenser l’Europe ? L’Europe s’est élaborée à partir de l’énergie. Le risque sécuritaire par rapport à l’énergie : garder l’énergie « chez nous ». Le chez nous est-il d’abord économique ?

Renforçons l’Europe en dépassant les intérêts nationaux et les sentiments nationaux.

Renforçons les Verts mondiaux (Global Greens) à travers les réseaux altermondialistes.

Créer un Conseil Consultatif Mondial de l’Energie où se retrouvent différents acteurs.

Créer une Organisation Mondiale de l’Environnement.

Laisser la place à d’autres formes de développement.

Déclarer l’énergie patrimoine commun de l’humanité.

Atelier 11 : la recherche, la clé du futur

1. Etat des lieux

Sous les menaces irréversibles d’un pétrole, d’un gaz et même d’un uranium rares et chers, les énergies renouvelables (ER) sont amenées à progressivement se substituer aux conventionnelles énergies fossiles et nucléaires dans les décennies à venir. Indépendamment des menaces environnementales des fossiles et du nucléaire, les énergies renouvelables présentent de nombreux avantages environnementaux, mais aussi économiques car elles sont sources d’emplois locaux non-délocalisables, sources de stabilité et de solidarité internationales aussi. La recherche, auparavant centrée sur les énergies classiques, est absolument nécessaire pour développer les énergies nouvelles. Si les moyens humains et financiers sont consacrés aux renouvelables, l’on peut espérer un quadruplement de leur part dans la production d’énergie. Comme leur proportion est aujourd’hui de 6% En Europe, elles pourront assurer le quart de la production future d’énergie, ce qui rend inévitable d’autres changements que les seuls changements technologiques. En Belgique et en Europe des sources principales d’énergie renouvelables ont été identifiées : énergie solaire, marémotrice, éolienne, hydraulique, géothermique, biomasse…Chacune a son efficacité, ses promesses, sa complexité, ses contraintes. De plus en plus, le gestionnaire public, dont l’électorat s’inquiète de la perspective récurrente des coûts énergétiques élevés, se donne l’objectif d’en intégrer un grand nombre aux parcs énergétiques existants. Ceci ne va pas sans poser d’importants défis en terme d’aménagement du territoire – les sources d’énergies renouvelables sont friandes d’espace, de conception et de déploiement des unités de production, d’optimisation des processus de stockage et de distribution.

2. Dynamiser la recherche en Energies Renouvelables

Afin de répondre à ces nombreux défis et de convaincre son électorat sensible, comme on le sait, au rapport prix/qualité de vie, le gestionnaire public doit s’appuyer sur les compétences de la communauté scientifique. En effet, les centres de recherche et les ingénieurs devront fournir des efforts importants afin d’améliorer les rendements énergétiques des techniques de production. Par ailleurs, au-delà d’une amélioration des rendements, le rôle du gestionnaire public est de maximiser les synergies, les échanges de compétences, les échanges d’idées entre les centres de recherche, les universités, les acteurs privés. Cela passe certainement par la création de structures plus efficaces telles que des pôles de compétences intégrés aux espaces scientifiques européens et mondiaux, indépendants des rivalités politiques de toutes natures ou toutes couleurs. Il est aussi nécessaire de favoriser une recherche ouverte à des techniques quelque fois audacieuses et novatrices provenant de la recherche fondamentale. A partir de là, le ménage à trois, constitué par le scientifique soutenu par le gestionnaire public, lui-même conseillé par cet intermédiaire qu’est un expert averti et ouvert, pourra fournir des résultats tangibles en terme de réduction de facture énergétique à travers les énergies renouvelables.

Dès lors, la société civile, encouragée par ces résultats utiles, mais aussi par les nouveaux emplois qui les ont accompagnés, et plus habituée à une culture symbiotique entre l’homme et son environnement sera plus en mesure d’être réceptive à d’autres changements d’habitudes qui nécessiteront des recherches :

  • utilisation intensive des transports en commun ;
  • technologie de l’information et de la communication ;
  • télétravail ;

• retour vers des habitats urbains moins éparpillés ;

• techniques modernes d’architecture active et donc moins énergétivores.

3. Quelques pistes locales

Dans le cadre de la communauté Wallonie-Bruxelles, quelques options nous paraissent porteuses :

  • développer la réserve de biomasse que constitue la forêt wallonne ; en particulier, à côté de la « chimie verte », le développement d’une filière bois-énergie devrait être soutenue ; une recherche de faisabilité économique et technique devrait se faire afin d’être prête à démarrer dès que le prix des énergies fossiles les rendra encore plus compétitives ; la récolte des déchets de bois dans les forêts permettrait de mettre au travail une main d’œuvre peu qualifiée.
  • modéliser un système de gestion de transports peu énergétivores qui devrait être développé en s’appuyant sur le riche réseau de rivières et canaux navigables de Wallonie et sur le réseau ferré parfois désaffecté  ; une logistique autre qu’autoroutière et aérienne est donc à développer (avec standardisation de la conteneurisation ?).

4. Recommandations synthétiques

Quelles recherches ? Renforcer la recherche autour de certains axes : recherche fondamentale, recherche sur les énergies renouvelables, optimisation des systèmes de production et d’utilisation d’énergies existants

Comment la mettre en œuvre ?

  • Création d’un centre d’évaluation des nouvelles technologies énergétiques qui permettrait de favoriser rapidement les techniques énergétiques porteuses d’avenir et d’écarter les pistes trop farfelues ou non rentables. Il faut également veiller à l’évaluation de leur impact sur l’environnement.
  • Création d’une structure de recherche sur l’énergie plus efficace telle qu’un pôle de compétence intégré aux espaces scientifiques européens et mondiaux, indépendant des rivalités politiques de toute nature ou de toutes couleurs.

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