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« Fou ! C’est la qualification qu’il faut s’attendre à recevoir dès qu’on propose de remplacer ce qui est par ce qui sera. » Emile de Girardin

Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de l’Ecolab du 03/12/2017 concernant le Revenu de Base ainsi que l’intégralité des débats en podcast.

Découvrez aussi les 14 raisons pour un revenu de base et vous pouvez retrouver toutes les photos de l’Ecolab ici

Compte-rendu de l’ecolab sur le revenu de base du 3 décembre 2017.


Introduction

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Podcast Ecolab RdB Introduction

L’animation de l’Ecolab RdB est assuré par par Alain Maron, député bruxellois et par Catherine Morenville conseillère communale à St.Gilles.

Catherine Morenville à présenté les participants aux divers panels et Alain Maron n’a pas hésité à intervenir et à arrêter avec élégance les interlocuteurs qui s’aventuraient trop sur le terrain du discours électoral voir syndical.

L’introduction de l’Ecolab a été assurée par Patrick Dupriez, co-président d’Ecolo : « Notre protection sociale, basée sur les modèles de travail salarié, de famille traditionnelle et un besoin de croissance économique perpétuelle, est en décalage avec les évolutions de notre société et ne tient pas compte des limites écologiques de notre planète. Osons penser autrement ! »

Partie 1 : Points de vu sur le Revenu de Base

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Podcast Ecolab RdB première partie

Philippe Van Parijs, professeur invité aux universités de Louvain et Leuven, raconte son parcours personnel vers le revenu de base, dont l’idée lui est apparue il y a longtemps en faisant... la vaisselle.

François Denuit, Doctorant au Cevipol (ULB) & à l’University of Warwick nous introduit vers la dimension européenne du revenu de base.
Son intervention à l’Ecolab :

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Intervention Francois DENUIT Ecolab RdB

Ses propos ont par ailleurs été détaillés dans une carte blanche à La Libre Belgique disponible ici ainsi que son article sur VoxEurope

Anne Rakovsky
, travailleuse sociale, enseignante et conseillère au CPAS Forest, raconte ses propres expériences sur le terrain, ses contacts avec les élèves assistants sociaux l’urgence de démanteler certains clichés tenaces qui existent concernant les allocataires sociaux (profiteurs, paresseux….). Puis elle défend le revenu de base, mais en commençant avec les jeunes car c’est eux qui se trouvent aujourd’hui le plus en marge de la société.

Eric Clemens, philosophe (FUSL) et écrivain : De la liberté à l’égalité puis de celle-ci à celle-là, de la poésie à l’action comme de la politique à l’éthique en passant par le Revenu de Base Inconditionnel (parfois appelé l’allocation universelle). Voir ici

Marc Antoine Sabaté
, Doctorant (Aspirant F.R.S.-FNRS) en science politique : L’allocation universelle au-delà de l’État social actif : pour une nouvelle approche de l’inconditionnalité et de la réciprocité. L’allocation universelle, citoyenneté et lien social : fondements théoriques et actualité politique du revenu d’existence. Voir ici

Partie 2 : Quelles applications en Belgique ?

Podcast Ecolab RdB deuxième partie

Un Revenu de Base à 600 euro : projet global et étapes de court terme.

Philippe Defeyt :« Le modèle de revenu de base que je vous propose aujourd’hui, en mon nom, vise, au contraire, à consolider et à moderniser notre protection sociale, notamment en supprimant les régimes d’assistance (RIS et GRAPA essentiellement), pour les intégrer dans la sécurité sociale et ainsi réaliser le projet de lord Beveridge (connu pour son « rapport Beveridge » qui fournit les bases de réflexion à l’instauration de l’État-providence par le gouvernement travailliste d’après-guerre) à savoir une protection sociale, universelle et citoyenne »

L’intervention et la proposition de Philippe Defeyt sont disponibles ici

Kim Evangelista
, conseiller économique d’Ecolo : analyse et développe la proposition de Philippe Defeyt.

Retrouvez sa présentation ici :

PDF - 126 ko
Le RdB analyse chiffrée K. Evangelista


Partie 3 : Réactions de la société civile

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Podcast Ecolab RdB troisième partie

François Perl, Directeur général du Service des Indemnités INAMI : Tout en étant positif sur le travail de Philippe Defeyt, il émet quelques critiques aussi concernant le financement : « Il est évident que notre système de protection sociale est perfectible. Mais il a démontré son efficacité durant la crise financière, permettant à la Belgique de rester un des pays les plus égalitaires d’Europe, et son remplacement progressif par une allocation universelle reste un projet aux contours financiers et à l’efficacité fort discutables. Cela ne veut évidemment pas dire que le débat doit être évacué sans autre forme de procès. Mais il serait sans doute plus cohérent de considérer une fois pour toutes qu’une allocation universelle ne pourrait exister que dans un cadre conceptuel et financier totalement indépendant de celui de la sécurité sociale. » Et François Perl d’insister sur un focus sur les 18-65 ans et aussi d’oser penser une pension de base.

Marie-Hélène Ska, Secrétaire générale de la CSC :« A la CSC, nous sommes à la réflexion, à ce stade donc ni pour-ni contre le Revenu de Base, mais surtout à l’écoute de notre base : ces gens qui vivent quotidiennement dans une situation précaire et qui ne sont pas nécessairement des individus qui aspirent à cette autonomie que le revenu de base leur proposerait. Le CSC reste toutefois à l’écoute des propositions de Philippe Defeyt (entre autre). Notre système de protection et d’assurance sociale offre déjà un revenu de base à beaucoup de personnes. Mais ces minima sont complexes, et liés à la situation de la personne. Et certaines personnes échappent à ces minima, comme les jeunes qui sortent des études qui se retrouvent sans rien. Dans une société fluide comme actuellement, ce sont deux problèmes importants. La CSC va donc examiner ces différentes pistes, sans a priori. Évaluer notre système social mais aussi les capacités d’émancipation des uns et des autres, à la lueur de nos balises : ces mesures sont-elles justes, sont-elles porteuses de progrès social, renforcent-elles les capacités d’émancipation ? »

Estelle Ceulemans, directrice de la centrale FGTB, charge Philippe Van Parijs et souligne à plusieurs reprises que le Revenu de Base c’est le risque du retour de la femme au foyer.

Clarisse Ramakers, Directrice Service d’Études à l’Union des Classes Moyennes explique que le RdB est intéressant pour les futurs jeunes entrepreneurs, pour se lancer, comme une garantie d’existence, un socle de base : pour elle, la proposition est donc à tout le moins intéressante et rafraîchissante.

Yves Martens, animateur du Collectif Solidarité contre l’exclusion : « Le Collectif Solidarité Contre l’Exclusion reste, aujourd’hui comme hier, opposé à l’instauration d’une allocation universelle. »

Partie 4 : Le panel politique

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Podcast Ecolab RdB quatrième partie

Avec Patrick Dupriez, co-président d’Ecolo comme modérateur.

Paul Magnette, Bourgmestre de Charleroi : « C’est dans le sens de l’histoire. Je suis convaincu, que l’on va passer, un jour, du régime de la sécurité sociale au régime de l’allocation universelle ». Mais il précise aussi que ce passage ne se fera pas tel un "big bang". Il prendra plusieurs décennies, ça se fera graduellement. Paul Magnette est donc ouvert à la proposition de Philippe Defeyt, mais ajoute notamment que le RdB doit aller de pair avec la réduction du temps de travail. Des semaines de quatre jours, par exemple.

Meyrem Almaci, Présidente de Groen, propose, elle, la « garantie bien-être » (qui concerne avant tout les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté) puis explique que Groen vest aussi pour « la pension de base » et un « revenu de base » pour les jeunes qui rentrent dans la vie active. Donc trois étapes pour atteindre l’allocation universelle. Elle verrait le tout réalisé vers 2030.

Georges-Louis Bouchez
, délégué général du MR : « Si on est déjà d’accord pour dire que chacun a le droit de se nourrir et de se loger, c’est déjà un pas vers le revenu universel. »
Georges-Louis Bouchez vise plus haut, et propose 1000 euros par mois, 1600 euros à l’âge de la pension, mais avec toute une série d’allocations sociales supprimées. De manière à contribuer à la croissance et d’être rétribué de notre contribution et à faire face aux mutations et changements de notre société. On ne peut pas demander d’être plus flexible sans garantir une certaine sécurité. Un système qui vise une simplification administrative, le chef de file du MR Montois dénonçant les multiples démarches et complexités administratives liées au nombre élevé d’allocations disponibles. « C’est une idée qui me vient aussi de ma participation dans les débats politiques depuis un moment, où j’entends ressasser les mêmes recettes connues et de moins en moins convaincantes... ma conviction de départ est que le système tel qu’il est organisé aujourd’hui ne tiendra pas. Enfin, quand on est jeune député, on a la responsabilité particulière d’amener des idées novatrices, même si elles ne s’appliqueront peut-être que dans vingt ou trente ans. Je suis convaincu que le modèle fondé uniquement sur le travail et dont les prestations sont conditionnées, soit au fait d’avoir travaillé, soit de pouvoir un jour travailler, n’a plus beaucoup de sens vu l’évolution que connaît notre société. Je crois fondamentalement à l’idée d’allocation universelle. Son avantage, même pour ceux qui n’y adhèrent pas, c’est qu’elle pose plein de questions auxquelles on doit répondre. Notamment celle de l’individualisation des droits, qui selon moi n’est pas souhaitable dans le schéma actuel, mais devient possible avec l’allocation universelle. »

Conclusion

Podcast Ecolab RdB conclusions


Olivier de Schutter
, membre du comité des droits économiques et culturels de l’ONU :
« La croissance ne peut plus être la solution a tout et pose le défi de penser un autre modèle de développement ». Olivier De Schutter, juriste belge et professeur de droit international propose trois pistes. D’abord travailler sur les indicatifs alternatifs de bien-être. La deuxième est de faire de la réduction des inégalités une priorité en poursuivant deux objectifs fondamentaux : 
« Lutter contre les inégalités est une manière de concilier deux objectifs fondamentaux : la réduction de l’empreinte écologique et la réduction de la pauvreté ». En troisième piste il propose de « développer un autre type de société qui repose moins sur le travail. Aujourd’hui, les gens se définissent par le travail. C’est l’essentiel de leur vie active, c’est ce par quoi le statut social se définit. Je pense que cette société centrée sur le travail n’est plus de mise. 
Que l’on se donne dans nos existences individuelles, et comme objectif société, un but différent que celui de s’épanouir par le travail me paraît indispensable. »


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