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La polémique soulevée par l’émission de la RTBF sur les sites pollués en Wallonie bouscule surtout les responsables de la gestion de l’environnement, espérons que cela donne un coup de fouet salutaire à la poursuite de l’identification des pollutions et de la décontamination des sites !

Or une des questions soulevées par l’émission était très justement le lien entre environnement et santé : le problème des données sanitaires manquantes, l’absence d’information des populations riveraines des sites pollués et des acteurs de santé locaux,et surtout l’absence de prise en compte de l’angoisse des gens. « Dois-je craindre pour ma santé et celle de mes enfants ? Pouvons consommer les légumes de notre potager ? Comment puis-je protéger ma famille ?...Dans ma rue, il y a beaucoup de gens qui sont atteints du cancer ? Cela peut-il être lié à une pollution ? ». Ce sont des questions que les cabinets ministériels, les administrations, les bourgmestres, reçoivent par vagues lorsque les dossiers des décharges reviennent à la surface ou à l’occasion de la délivrance d’un permis d’environnement important, ou même lorsque des professionnels de la santé ou des comités de quartier prennent conscience de situations anormales. Répondre à ce besoin d’information et à l’angoisse implicite ou explicite qui l’accompagne, est un devoir du politique qui est largement inaccompli aujourd’hui. L’émission de la RTBF a évoqué le registre du cancer, négligé en Communauté française depuis 1998, et l’absence de lien avec le milieu de vie des malades. A quand une cartographie des cancers en Wallonie ? A quand une carte des malades de l’amiante ? Evidemment le lieu de résidence n’est pas la seule variable pertinente, il faut aussi le lieu de travail et d’autres données pouvant influencer la cause des maladies, mais le problème maintenant, c’est qu’on ne cherche même pas ! Comment dès lors avoir un jour une réelle prévention du cancer ?

Il est urgent de mettre au point un système de collecte des données sanitaires, qui soit lié, entre autres aux conditions environnementales.

Mais même en situation d’incertitude, le devoir d’écoute et de réponse doit être rempli. La communication du risque doit être assumée. Où peuvent s’adresser les riverains inquiets ? Allo, docteur ?non, il n’y a personne, sauf des langues de bois administratives qui se refilent la responsabilité...

Or des tas de Ministres s’occupent de cela : ils se réunissent en conférence interministérielle au niveau belge ( la CIMES), ils ont fait des plans dans lesquels cet objectif de communication du risque est présent, ils ont créé des structures administratives et scientifiques, ils participent à des conférences internationales... En Région wallonne, une plate-forme santé-environnement a été créée sous la précédente législature (avril 2003) ; elle dépend paritairement du Ministre de l’Environnement et du Ministre de la Santé régionaux. Elle était équipée au départ pour répondre à ce besoin,...mais, depuis 2004, elle reste confinée dans des travaux théoriques et n’est pas disponible pour des demandes du terrain. Tant du côté de l’environnement que de la santé, il y a visiblement une crainte de mettre à jour des concentrations de malades aux abords de certains lieux industriels. Crainte devant l’impuissance, devant la panique populaire, etc... Comme on ne veut pas voir le problème, on ne forme toujours pas non plus les médecins généralistes ou les autres professionnels de la santé à être attentifs à la question. Combien feront comme cette remarquable infirmière de Walcourt qui, sans hargne et sans excès médiatique, a pointé le problème des cancers à Tarciennes ?

En fait, la non prise en compte des impacts des pollutions sur la santé est une défaillance politique grave pour deux raisons :

  • par l’absence de prévention, elle peut laisser des pathologies s’aggraver jusqu’à un point de non retour, et alourdir leur coût humain et collectif. On reporte le problème sur les générations futures ...de responsables politiques. Pensons au cas de l’amiante !
  • par l’absence d’information organisée et régulière, elle laisse la place à des coups d’excitation médiatiques, à des vagues de panique pas toujours fondées, à des réactions ponctuelles et inadaptées des responsables politiques acculés à l’urgence.

Il faut donc redynamiser les structures de santé-environnement mises en place et leur donner un rôle d’écoute et de traitement des demandes du public. Et ce n’est pas parce qu’elles ne sauront pas répondre à tout, qu’elles seront inutiles. On peut avouer l’incertitude pour autant qu’on démontre qu’on cherche activement les réponses. Il faut, sur base des inventaires de la SPAQUE mais aussi des relevés d’émissions de polluants, établir les zones de Wallonie où une vigilance sanitaire se justifie. Enfin il faut former des relais locaux tels que les médecins, les infirmières à domicile, les assistants sociaux, pour qu’ils puissent jouer un rôle de proximité et objectiver les réalités du terrain.

Dans ce dossier comme dans d’autres, la Wallonie ne pourra progresser sans oser voir le problème en face.

Thérèse Snoy


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