etopia
Urgence !
 
 
Autres articles
La transformation écologique de l’économie se précise !
L’économie s’est-elle affranchie des lois de la Nature ?
Urgence !
Inflation : la reponse n’est pas dans les taux de la BCE
De Lisbonne à Lisbonne. De la Stratégie au Traité… et au-delà
 
Philippe Lamberts

Député européen Ecolo. Co-porte parole du Parti Vert Européen

Autres articles
« Laudato si’ » : le Vatican est-il devenu anti-capitaliste ?
Le virage vert de l’atelier du monde
Ces traités qui vous rendent malades
l’économie s’est-elle affranchie des lois de la nature ?
Crise grecque : une opportunité pour l’Europe ?
Entre le TTIP et l’Europe, il faut choisir !
« Tear down that treaty (brisez ce Traité) Mr President »
rubrique
 
Derniers articles de cette rubrique
Urgence !
 
mots
publications - Notes, traductions…
Effondrement : Comment les sociétés choisissent d’échouer ou de survivre
publications - Analyses
Mieux gérer l’eau, la présence de la nature et sa richesse lors de projets d’urbanisation
Protéger la biodiversité Pourquoi ? Comment ?
Environnement et santé : quand l’overdose institutionnelle fait négliger l’essentiel !
A bout de souffle : inventaire de 15 mois de Gouvernement PS/CdH en Wallonie
publications - Philosophie de la Nature
L’homme, la nature et la ville
publications - Introduction
Urgence !
publications - Notes, traductions…
Vivement 2050 !
publications - Livres
Prospérité sans croissance
publications - Analyses
La fin de la croissance : changer les moteurs de développement
2007, l’année ou l’humanité a atteint les limites de l’écosystème Terre ?
publications - Economie et écologie
Consommer mieux, autrement, moins
publications - Après le pétrole, un monde à inventer
De l’environnement au social : jalons pour une culture de l’énergie
publications - économie et écologie (2)
Croissance, décroissance : 14 thèses pour une radicalité mobilisante
 
Partage
Réseaux sociaux
Forum
en construction
 
 
 
 

En mars dernier, le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement publiait un rapport [1] réalisé à sa demande par le Panel International sur les Ressources et dont l’importance est inversement proportionnelle à la couverture médiatique – quasi-nulle – dont il a bénéficié. Ce rapport d’une importance fondamentale est à l’exploitation des ressources ce que les rapports du GIEC sont à la lutte contre le changement climatique. Il se concentre sur 4 grandes catégories de ressources : les métaux industriels, les matériaux de construction, les énergies fossiles et la biomasse. Il nous rappelle qu’entre le début et la fin du siècle dernier, la population mondiale a multiplié par 8 sa consommation de matériaux. Les ressources extraites sont ainsi passées de 7 milliards de tonnes en 1900 à 55 milliards en 2000. En se basant sur les hypothèses les plus étayées en termes d’évolution démographique, le rapport tente d’élaborer plusieurs scénarios pour 2050.

Le scénario le plus radical prévoit une réduction d’un facteur 3 à 5 de la consommation de ressources par habitant des pays industrialisés, tandis que les pays en développement réduiraient la leur de 10 à 20%. A supposer que ces efforts colossaux soient réalisés par les uns et par les autres, la consommation de ressources par habitant ne s’élèverait plus qu’à 6 tonnes par personne, et l’extraction totale de ressources serait maintenue au niveau actuel. Les émissions de CO2 évolueraient de manière à maintenir le réchauffement climatique juste sous les 2°C d’ici à la fin du siècle. Mais, il n’en reste pas moins que la population mondiale surexploiterait toujours la surface de terre et le volume d’eau puisqu’on utiliserait toujours l’équivalent d’ 1,5 planète en 2050 ! Et nous n’en avons qu’une.

Tim Jackson nous rappelle qu’on ne peut parier sur un découplage absolu entre croissance du PIB et exploitation des ressources naturelles. Dès lors, on mesure l’urgence qu’il y a à engager, au plus vite, la transformation de notre modèle de développement économique. Si la technologie peut et doit nous aider dans cette transformation, elle ne constitue pas un substitut à une mutation plus fondamentale, qui doit toucher l’organisation de nos sociétés et nos comportements.

Nous touchons là aux fondamentaux du modèle de l’économie (dite) sociale de marché, laquelle a fait l’objet d’un consensus implicite depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Il n’est donc guère étonnant que le simple fait de poser ces vérités dérangeantes suscite le scepticisme, voire l’hostilité. D’où l’importance de poursuivre et d’élargir le débat public, ce que nous faisons dans ce nouveau numéro d’Etopia et plus encore, avec le lancement des Rencontres de l’Ecologie Politique. Celles-ci doivent nous permettre non seulement d’accélérer l’indispensable transformation, mais d’en catalyser la réalisation concrète.

[1Le rapport intitulé « Decoupling Natural Resource Use and Environmental Impacts from Economic Growth » est disponible à l’adresse : http://www.unep.org/resourcepanel/decoupling/files/pdf/Decoupling_Report_English.pdf


©©