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Die Grünen - un nouveau parti populaire ?
 
 
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Vous trouverez ici des republications d’articles essentiels à nos yeux, de textes provenant de la presse allemande ou anglo-saxone, peu accessibles à notre espace public et traduit en français par nos soins. Et des notes de lecture rédigées par les chercheurs-associés d’étopia.

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Traduit de l’allemand par Andrée Debauche

Die Grünen - eine neue Volkspartei ?

Les protestations contre le projet « Stuttgart 21 » permettent aux Verts d’atteindre un nouveau record dans les sondages. Au niveau fédéral, le parti est crédité de 20% des voix. A Berlin et dans le land de Baden-Württemberg, où des élections régionales auront lieu l’an prochain, les Verts représentent même la force politique la plus importante. Qu’est-ce qui rend les Verts aussi attrayants ? Simone von Storch (tagesschau.de) s’est entretenue à ce propos avec Hans Jessen, correspondant de la chaîne ARD.

Tagesschau.de : Pourquoi les protestations contre le projet « Stuttgart 21 » profitent-elles aux Verts et pas au SPD dans les sondages ?

Hans Jessen : Les Verts sont les seuls à s’être opposés à ce projet dès le début. Ils peuvent ainsi revendiquer un maximum de crédibilité. Ils sont récompensés pour n’avoir pas changé d’avis.

T.de : Ce sont de « braves citoyens » qui manifestent contre le projet « Stuttgart 21 » ; parmi eux, bon nombre d’électeurs de la CDU sympathisent avec les Verts. Les écologistes se sont-ils embourgeoisés ?

Jessen : De plus en plus, ce sont des citoyens éduqués et cultivés qui votent pour les Verts. Bien entendu, ce sont souvent des gens aisés, qui peuvent se permettre de dépenser davantage pour des produits bio et des appareils peu énergivores. Les Verts sont des bourgeois, tout en étant un parti de gauche.

T.de : A quoi voyez-vous que les Verts sont de gauche ?

Jessen : A leur conception qu’un maximum de gens doivent participer à la croissance et au bien-être. A leurs principes d’équité entre les citoyens et d’émancipation de chacun. A la conclusion à laquelle ils sont arrivés : la politique ne peut se faire aux dépens des générations futures. La position des Verts en faveur d’une réforme de l’assurance maladie est aussi un projet de gauche [ils proposent en effet que tous les citoyens (fonctionnaires, indépendants, salariés…) contribuent à l’assurance-maladie de la même manière et que tous les types de revenus (y compris rentes financières, gains, loyers…) soient intégrés dans le financement de l’assurance maladie]. Ce projet est synonyme de solidarité, ce sont les forts qui doivent aider les faibles.

T.de : Pourtant, beaucoup qualifient les Verts de conservateurs.

Jessen : C’est juste aussi. L’idée de la « sauvegarde de la création » est une pensée conservatrice. Dès le début, des hommes ou femmes politiques désireux de préserver certaines valeurs ont marqué le parti des Verts.

Peut-on parler d’ »offres taillées sur mesure » qui seraient faites aux différents groupes d’électeurs ?

T.de : Selon les sondages, les Verts auraient des chances de l’emporter et d’entrer dans des gouvernements régionaux, aussi bien dans le land de Baden-Württemberg, plutôt riche, bourgeois et conservateur, qu’à Berlin, où la pauvreté côtoie de nombreux foyers de tensions sociales. Comment expliquer ce paradoxe ?

Jessen : Les anciens concepts tels que conservateur, bourgeois ou de gauche ne conviennent plus ici. Les limites entre gauche et droite s’estompent, les camps sont ouverts depuis longtemps. Les Verts donnent l’impression qu’ils recherchent des solutions pragmatiques par delà les vieux clivages. Cela se traduit par des choix de personnes en fonction du contexte. Ainsi, le conservateur Winfried Kretschmann [chef de groupe des Verts en Baden-Württemberg, marié, catholique, a été récemment reçu en audience par le pape avec des collègues, bien que très critique vis-à-vis de ce dernier] n’aurait probablement aucune chance d’être élu à Berlin. Il est pourtant le candidat idéal sur le terrain à Stuttgart. A l’inverse, Renate Künast, potentielle tête de liste à Berlin, rencontrerait de grandes difficultés dans le land de Baden-Württemberg. A Berlin, elle a toutes ses chances, même si dans le district berlinois de Kreuzberg, il faut plutôt tabler sur un candidat comme Hans-Christian Ströbele [avocat, ancien défenseur de membres de la RAF, tiers-mondiste, défenseur des droits de l’homme, spécialiste de la politique de sécurité…]. Notre société est devenue une somme de « sous-sociétés » et les Verts réussissent mieux que d’autres partis à faire des propositions plus appropriées au contexte local, tant sur le plan des personnes que sur le plan des contenus.

Faut-il parler ici de sens des réalités ou d’opportunisme ?

T.de : Les critiques parlent d’opportunisme. On aurait raboté les angles chez les Verts. Est-ce la clé de leur succès ?

Jessen : C’est pourtant une attitude raisonnable que de tester des positions extrêmes en les confrontant à la réalité. Cela ne signifie pas que les Verts sont opportunistes, mais bien qu’ils ont le sens des réalités. Ils nous étonnent par leur capacité à concilier au quotidien des compromis politiques avec leur vision de la société.

T.de : Les Verts ont été marqués jadis par des luttes internes entre leurs différentes ailes et par leur culture du débat. Aujourd’hui, c’est la CDU qui débat en interne sur l’intégration des migrants et le SPD en fait de même sur l’Agenda 2010. Les Verts, eux, s’exercent à rechercher une certaine harmonie. Comment expliquez-vous cela ?

Jessen : Le parti a appris à échanger des arguments de manière objective et à accepter les décisions d’une majorité. Ce fut un processus long et douloureux aussi pour le parti. Les responsables – Trittin, Künast, Roth – ont aussi évolué. Il reste pourtant de nombreux sujets de désaccord. A Munich, par exemple : la base est contre la candidature du land aux Jeux olympiques d’hiver 2018, mais le groupe des Verts a voté pour les jeux au sein du Conseil communal de Munich, par loyauté vis-à-vis du partenaire SPD. Il y aura partout des conflits entre la base et les dirigeants du parti, là où les Verts sont chargés de responsabilités politiques. Mais ces conflits ne mènent plus le parti à se déchirer.

Les Verts seront-ils le nouveau parti populaire allemand ?

T.de : Les Verts ont longtemps été la risée de bon nombre de gens, mais ils sont entre temps devenus très populaires. Comment cela se fait-il ?

Jessen : Les Verts soutiennent l’idée de développement durable. Ce concept rencontre de plus en plus de succès dans notre société. Beaucoup de gens ont conscience du fait que les énergies fossiles sont limitées – par exemple quand ils voient les prix des carburants augmenter à la pompe. De plus en plus de nos concitoyens comprennent les limites de la croissance. Nous devons utiliser nos ressources de manière plus responsable. L’énergie nucléaire comporte des risques. Peut-être peut-on dire qu’une nouvelle époque commence : celle de la politique écologique et durable, après des décennies marquées par la pensée social-démocrate ou démocrate-chrétienne.

Das Gespräch führte Simone von Stosch, tagesschau.de
Stand : 08.10.2010 09:57 Uhr

A voir : 30 Jahre "Die Grünen"


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