etopia
12 questions pour l’avenir
 
agendaJanvier 2005
 
 
 
 
 
Christophe Derenne

Economiste, il a passé de nombreuses années dans l’animation politique - les “cours méta”, les “cafés politiques”, les “agoras & assises de l’enseignement” et surtout les “états généraux de l’écologie politique” - puis dans le conseil politique pour Ecolo.

En 2004, à la demande d’Ecolo, il a fondé « Etopia, centre d’animation et de recherche en écologie politique », dont il est le directeur. Il a dirigé plusieurs ouvrages avant de lancer la revue Etopia. Belgo-suisse et père d’un petit Léo, il habite Bruxelles après avoir passé sa jeunesse à Charleroi, en Wallonie. Il est également co-fondateur et vice-président de Karikol, le Convivium Slow Food de Bruxelles

Mes combats principaux :

  • la participation citoyenne comme remède à la désaffection vis-à-vis du politique. La politique est une des plus extraordinaires manières de participer à la société. C’est la liberté que l’on exerce ensemble. Plus il y a de personnes qui y prendront du plaisir, plus nos institutions pourront s’ouvrir et se remettre en question.
  • le développement durable, méthode concrète pour changer le monde, appel à la responsabilité de chacun, alternative au profit comme critère généralisé. Loin des versions light de certains, il signifie réguler l’économie de marché et stimuler l’entreprenariat d’un nouveau type, guidé par des objectifs sociaux, éthiques et environnementaux consistants. Orienter l’avenir cela veut dire faire du développement durable le critère central de l’ensemble des politiques publiques.

Pour la petite histoire : comment suis-je arrivé chez Ecolo ?

Une famille engagée de longue date dans l’écologie au quotidien, une action dans les mouvements étudiants (président de l’Assemblée générale des étudiants de Louvain en 1991) au moment où Ecolo émergeait comme une alternative politique forte, un idéal de démocratie participative qui rencontrait un mouvement politique dont c’était une racine : j’ai commencé à y militer en 1992.

Dans la droite ligne de mes premières militances, j’ai ensuite fait le choix de devenir en 1996 un « permanent d’animation politique » à Ecolo. Depuis les états généraux de l’écologie politique jusqu’à étopia, j’ai travaillé en interaction avec la société civile et à l’écoute des enjeux sociétaux. Mon plaisir a été - et est toujours - de dynamiser, de créer des réseaux, d’inventer avec d’autres, de trouver des alliés et de mettre à jour de nouvelles ressources, insoupçonnées et invisibles jusque là. C’est par là que l’on peut trouver du souffle et se donner de nouveaux élans.

Bref, "l’exercice collectif de la liberté", comme le disait Arendt, est à mes yeux une des plus belles activités humaines.

Depuis septembre 2014, je suis Directeur politique d’ECOLO

Directions d’ouvrages, outre la Revue Etopia :

  • Plus de questions, plus d’université (éd. FEF, 1994)
  • La fragmentation sociale (éd. Economica, 1995) avec L. Deutsch
  • Belgique, disparition d’une nation européenne ? (éd. Luc Pire, 1997) avec C. de Troy
  • L’Islam en Belgique (éd. Luc Pire, 1998) avec J. Kwashin
  • Désenclaver l’école (éd. Luc Pire & éd. Mayer, 1999) avec J. Liesenborghs & AF Gailly
PDF - 1005.9 ko
Réinventer le parti à partir de la société
PDF - 1.1 Mo
Fragmentation sociale et action collective
PDF - 1.5 Mo
Plus d’acteurs, plus d’université
PDF - 1.6 Mo
Repolitiser la société
PDF - 684.6 ko
A la recherche de nouvelles formes de citoyenneté
PDF - 75 ko
Dépasser les réseaux
PDF - 60.7 ko
Territoires et qualité de vie
RTF - 74.6 ko
Bio Christophe Derenne
PDF - 1.5 Mo
1991-2006 : chroniques d’une récurrence étudiante
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Réinventons le monde… Réinventons les REE !
Introduction
Numéro 7 de la Revue Etopia
rubrique
 
Benoît Lechat †

Né à Eupen en 1960, Benoît Lechat a été au Groupement des Jeunes Protecteurs de la Nature (GJPN) à la fin des années ’70 avant de faire des études de philosophie et de journalisme. Après avoir couvert l’actualité sociale à l’Agence Belga pendant les années ’90 et notamment les mouvements des enseignants et des étudiants, il a rejoint l’équipe d’Isabelle Durant au Ministère fédéral de la Mobilité et ensuite Etopia en 2004. Il publie régulièrement dans la Revue Nouvelle des articles consacrés à la politique et aux médias belges.

Il est responsable des publications chez Etopia, membre du Conseil scientifique de la Fondation de l’Ecologie Politique et rédacteur en chef du Green European Journal

Benoît est décédé le 8 janvier 2015

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Un canevas pour alimenter les activités d’étopia :

Pour se donner un repère initial, nous formulons une série de questions. Rassemblées en deux grands thèmes, elles cherchent à résumer quelques enjeux cruciaux de l’avenir, mettant en lumière non seulement un certain nombre de nœuds idéologiques, mais aussi des champs possibles de débats, réflexions, formations, analyses, études et publications.

Déployer une nouvelle pédagogie de l’écologie politique

Le défi des écologistes n’est-il pas de montrer que l’écologie n’est pas un luxe que l’on peut s’offrir quand on est riche, mais un projet politique qui assure un mieux-être aux habitants présents et futurs de la planète ? Cette question est sans doute la question centrale que se posent tous ceux qui s’engagent aujourd’hui pour le projet de l’écologie politique. Elle invite à repenser le réformisme écologique. A articuler autrement le long terme et le court terme. A remettre en question l’inflation normative sur laquelle débouche parfois l’action verte. A renforcer à la fois les objectifs de réforme de la société et la capacité de pédagogie et de contagion culturelle de l‘écologie politique.

En Wallonie et à Bruxelles, elle appelle à améliorer radicalement la sensibilisation au développement durable. Mais il faut aussi s’interroger sur les limites de la sensibilisation : présenter l’écologie et le développement durable non pas comme un pensum, un catalogue de menaces, mais comme un projet positif qui améliore le quotidien. Ce travail, étopia entend y contribuer avec tous les écologistes en relançant le débat autour d’une série de questions cruciales pour l’avenir
de tous les habitants de la Planète. Voici pour nous quelques unes de ces questions « carrefours » où se croisent différents enjeux de notre présent et de notre futur.

Thème 1 : Ecologie et société

1. Quel monde voulons-nous transmettre ?

La question centrale que l’écologie politique pose aux hommes habitant un monde limité (par ses ressources naturelles et par la fragilité de ses équilibres) est de savoir quelle planète ils souhaitent transmettre aux générations futures. Cette question ne peut trouver de réponse en dehors du cadre démocratique. C’est une affaire de débat, de délibération et de décision collectives où un aller-retour incessant est fait entre le niveau local et le niveau global. L’écologie politique est un processus démocratique à l’échelle planétaire qui articule le local et le global, le présent et l’avenir.

2. Comment parvenir à l’égalité tout en développant l’autonomie (la liberté) et la solidarité des individus ?

L’écologie politique repose les questions fondatrices de la modernité démocratique dans le cadre contemporain de la globalisation et de la prise de conscience du caractère limité de notre monde. Elle veut proposer une alternative à la dérégulation du marché et à la manière suivant laquelle il réduit la capacité des états et des individus à organiser la solidarité et à créer l’égalité entre les individus quelles que soient leurs origines ou leurs genres.

3. Comment renforcer la participation et la démocratie ?

La démocratie est le régime politique indépassable de notre temps. Mai elle n’a jamais été aussi désenchantée par ses propres contradictions, par l’emprise du marché, par l’étouffement des espaces publics ou par sa propre impuissance à relever les défis du long terme. Comment ré-enchanter la démocratie et la rendre capable de mener le débat sur le monde que nous voulons transmettre et de mettre en oeuvre les politiques ainsi convenues ?

4. Comment changer la croissance économique ? Comment concilier croissance et développement durable ?

Même si l’économie se dématérialise de plus en plus, une croissance qui ne soit plus synonyme de destruction de ressources naturelles est-elle possible ? Ne devons-nous pas avant tout « changer de thermomètre » et intégrer d’autres paramètres que la production de valeur ajoutée dans les politiques économiques ? Comment réorienter massivement nos économies vers un développement durable synonyme à la fois de plus d’emplois et d’une meilleure qualité de vie pour tous ? Comment faire de la Wallonie et Bruxelles les premières éco-régions d’Europe, tout en leur assurant les ressources financières leur permettant de mener à bien les politiques publiques dont elles ont besoin ?

5. Comment permettre à l’Europe de jouer un rôle déterminant dans la mise en œuvre d’une gouvernance mondiale au service des Droits de l’Homme et du DD ?

L’Europe est un continent à la fois privilégié et menacé. 450 millions d’êtres humains y vivent dans un confort relatif, du moins si on le compare au sort de l’immense majorité des habitants de la Planète. L’Europe peut-elle se battre pour l’émergence d’une approche planétaire des Droits de l’Homme, du Développement Durable sans renforcer sa puissance économique et militaire ?

6. Comment habiter démocratiquement nos sociétés multiculturelles ?

Le poids politique, idéologique des religions dans notre monde semble à la fois en recul (par rapport à la science) et en progrès (par rapport à leur emprise sur les individus). Comment concilier la démocratie, la séparation des religions et de l’Etat et le respect des identités ? Ne faut-il pas renouveler notre réflexion sur la coexistence de personnes issues de cultures, de religions et d’ethnies différentes et sur les tensions et les enrichissements que cette coexistence peut générer ?

7. Comment agir pour que l’évolution scientifique et technique soit source de progrès et non de destruction ?

La science et la technique changent le monde dix fois plus vite que le politique. Notre rapport à l’existence est changé par l’allongement de la durée de la vie humaine. Mais notre rapport à la machine et au vivant est également bouleversé par l’évolution de la génétique et de l’informatique. C’est un peu la « nature de l’homme » qui change. Comment mieux orienter la science vers le progrès collectif et favoriser une évolution scientifique qui soit productrice d’autonomie et non d’aliénation ?

8. Comment être à l’écoute de l’art pour comprendre et changer le monde ?

L’engagement politique n’a jamais été la seule forme d’action publique. Tout comme la science, l’art et la culture changent le monde autant que le politique. Comment maintenir des liens entre ces formes de l’activité humaine ? Qu’est-ce que la politique peut apprendre de l’art et inversement ? Doit-on se contenter de penser les rapports entre l’art, la culture et la politique en termes de politiques culturelles ? Ou bien la culture et l’art peuvent-ils changer la politique ?

9. Comment parvenir à une réelle égalité entre les femmes et les hommes ? Comment repenser les rapports entre les individus et selon une approche de genre à partir de cette exigence d’égalité ?

L’égalité homme/femme n’est pas encore réalisée dans nos sociétés. Les salaires restent inégaux, les accès aux professions sont encore discriminants, l’individualisation des droits n’est pas encore accomplie. Le combat pour l’émancipation reste indécis. Des régressions menacent : qu’elles soient causées par l’évolution de l’économie (dérégulation, pression sur les conditions de travail) ou par les images de la femme qui sont véhiculées dans la société (publicité, religions...). Comment poursuivre le travail à la fois culturel et politique pour atteindre l’objectif égalitaire et empêcher les régressions ? Comment aussi repenser les rapports entre les femmes et les hommes selon une approche de genre pour atteindre ces objectifs ?

Thème 2 : Ecologie et vie quotidienne

10. Comment inventer un nouvel équilibre avec le monde vivant ?

Nos modes de vie et de production menacent non seulement les ressources naturelles, ils entraînent la disparition d’un nombre croissant d’espèces naturelles. Pourtant, nous n’avons jamais été aussi proches du monde animal. L’homme ne trône plus tout à fait au-dessus du vivant. Il en devient un maillon parmi d’autres, même si évidemment son influence sur l’écosystème est ultra-déterminante. Avec les progrès de la génétique, de la médecine, les frontières entre l’homme et l’animal se font moins nettes. Cette évolution va vraisemblablement se poursuivre. Sont-ce les prémices d’une nouvelle relation ? Comment en tenir compte dans notre système de décision ? Comment ne pas réduire le rapport à la nature à un rapport « économique » qui la réduit à une « ressource exploitable » ?

11. Comment changer nos modes de production et de consommation pour vivre en meilleure santé tout en respectant l’environnement ?

Même si l’espérance de vie continue d’augmenter dans les sociétés « dites développées », les méthodes actuelles de production industrielle, les méthodes agricoles, nos modes de consommation dégradent notre environnement et notre santé. Comment les changer ? Comment poursuivre les efforts en matière d’une meilleure alimentation ? Comment faire barrage aux volontés de certains industriels qui, au nom de la compétitivité, empêchent des mesures de protection de la santé et de l’environnement ?

12. Comment repenser les temps de travail et les temps de vie ?

L’allongement de la durée de la vie impose une refonte de notre rapport au temps. Le temps de vivre, d’être ensemble ou d’être seul. Le temps de travailler ou de ne pas travailler. Le temps d’apprendre ou de gagner de l’argent. Mais la manière dont est organisée notre société ne permet pas suffisamment aux individus de vivre leurs choix de vie et de les assumer. Ne devons-nous pas repenser notre modèle de l’organisation de la carrière et du temps de travail ? En trouvant un nouvel équilibre entre les exigences de compétitivité économique, les choix de vie et la protection sociale. Par ailleurs, il faut poursuivre le dialogue et l’échange entre générations. Faire en sorte que nous soyons en mesure de relever le défi de l’allongement de la durée de la vie sans que les générations actives ne soient sacrifiées à cette mission. Comment atteindre cet objectif à l’heure de l’individualisation croissante ?


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