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Asile et contrôle des frontières : sortir du paradigme utilitariste
 
 
Francisco Padilla
Chercheur-associé à étopia et conseiller politique à ECOLO
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Introduction

Alors qu’il est admis que l’Europe devra accueillir des dizaines de millions de migrants durant les prochaines décennies, on constate en même temps qu’il existe dans la société européenne un racisme latent qui s’accompagne de politiques gouvernementales discriminatoires, utilitaristes et répressives. D’une part, les politiques migratoires européennes se basent sur des mesures punitives et d’internement visant les immigrés en situation irrégulière, les obligeant à plonger chaque fois un peu plus dans la clandestinité. D’autre part, elles reposent sur un volet utilitariste qui instaure une hiérarchie de droits entre migrants en situation régulière en fonction de leur profil et qualifications. Compte tenu des déséquilibres mondiaux, il est cependant évident qu’il n’y aura pas de réduction substantielle de l’immigration irrégulière en l’absence de dispositifs d’immigration légale ni exclusivement ni majoritairement adressés aux migrants hautement qualifiés ou jugés « utiles ». En l’absence d’une telle ouverture et d’une remise à plat des politiques d’asile – qui restent à l’heure actuelle en contradiction flagrante avec le respect des droits les plus élémentaires des demandeurs d’asile –, les politiques migratoires d’asile et de contrôle des frontières européennes continueront à servir l’injustice et l’impunité.

C’est pourquoi il faut réclamer l’élaboration d’une politique migratoire et d’asile commune qui harmonise les législations nationales par le haut en prenant comme référence les normes et les pratiques les plus protectrices des droits des migrants et demandeurs d’asile.

Or, le Pacte Européen sur les Migrations adopté par le Conseil européen en octobre 2008 entérine le double volet répressif/utilitariste au lieu de préconiser une autre vision du fait migratoire, basée sur le respect des droits fondamentaux des migrants et des demandeurs d’asile, et par conséquent, sur la lutte contre les conditions qui créent la clandestinité et l’exploitation. Le travail sous-rémunéré des migrants en situation irrégulière (environ 1% des habitants de l’Union Européenne selon les estimation officielles), mais aussi celui de nombreux migrants précaires en situation régulière originaires des nouveaux États membres ou des pays tiers, répond à une offre de travail des employeurs européens désireux de réduire les coûts de la main d’œuvre dans des secteurs de l’économie qui, par définition, ne sont pas délocalisables (secteur des soins, services de proximité, bâtiment, récoltes, restauration, etc.). Cette « délocalisation sur place » constitue le pendant interne des délocalisations externes et relève de la même logique. La construction d’une autre politique migratoire est donc indissociablement liée à la lutte contre l’exploitation et le dumping social à l’échelle de l’Union et bien au-delà.

Lire la suite du texte dans le fichier attaché ci-joint

1 Organiser l’immigration légale en tenant compte des priorités, des besoins et des capacités d’accueil déterminés par chaque Etat membre et favoriser l’intégration

2 Lutter contre l’immigration irrégulière, notamment en assurant le retour des étrangers en situation irrégulière dans leur pays d’origine ou vers un pays de transit


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