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Le thème 2009 : Vivre autrement - Constuire une nouvelle convivialité
 
 
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La 5e édition des Rencontres des Nouveaux Mondes aura lieu les 20,21 et 22 mars à Louvain-La-Neuve autour d’un besoin fondamental, celui de la convivialité, ferment d’une qualité de vie durable.

Un fourmillement

Habitats groupés, speed-datings, groupement d’achats collectifs, facebook, co-voiturages, quartiers durables, potagers solidaires, services d’échanges locaux, restaurants de quartier, rencontres sur internet, jeux de rôles,… notre société de ce début de XXIe siècle fourmille d’exemples de recherches de nouvelles manières d’être ensemble.

Tantôt, il s’agira de rencontres fugaces voire factices, tantôt l’ambition sera de rompre durablement avec la solitude et/ou de rechercher la personne avec laquelle on créera peut-être un jour une famille, de manière aussi traditionnelle que légitime. Souvent l’objectif sera de conjuguer plaisir et utilité, en construisant de nouvelles solidarités qui permettront tout simplement de vivre mieux, ce qui pourra vouloir dire de manière à la fois plus écologique et plus économique.

Ce pourra être aussi une façon de se rassurer dans un monde où nous sommes parfois sommés de ressembler à ces robinsons de Koh-Lanta qui passent en un clin d’œil de l’esprit d’équipe au chacun pour soi le plus sordide. Pensons par exemple aux étudiants en médecine qui vivent sous la contrainte du numerus clausus et/ou à tous ceux que l’Etat-social actif d’aujourd’hui impose d’avoir « un » projet pour disposer du droit de recevoir des allocations sociales.

Ampleur ou marges ?

Derrière ces expériences, assistons-nous aux prémices d’un mouvement de grande ampleur qui va changer en profondeur la société, ou bien ne s’agit-il que de phénomènes marginaux ?

Une foule de questions peuvent être ainsi abordées : sommes-nous en train de sortir de l’ère d’un individualisme de compétition où il s’agit de compter surtout sur ses propres forces et où nous avons à assumer seuls les responsabilités de nos réussites comme de nos échecs ? Entrons-nous dans une nouvelle période où la coopération et l’altruisme sont remis tout en haut de la hiérarchie des valeurs ?

Quelles sont les conditions pour réussir ces nouvelles expériences, autrement dit que faut-il faire pour qu’elles soient simultanément, amusantes, épanouissantes et émancipatrices ?

Faut-il des chefs ? Ou alors n’en faut-il surtout pas ? Comment on fait pour s’y organiser, pour répartir les tâches ? Comment y aborde-t-on les questions d’argent, d’affection, de responsabilités ?

Qu’est-ce que la convivialité ?

Comment redécouvrir que la convivialité, ce n’est pas seulement le fait d’« avoir bon » ensemble, mais aussi la faculté que des groupes de personnes ont de maîtriser les outils qui leur permettent de produire tout une partie des biens et services dont ils ont besoin, sans (trop) dépendre de grosses machines comme Electrabel ou la Sécurité sociale…

Comment réinventer aussi la solidarité au quotidien, en lui donnant un visage et en la combinant avec des liens plus lointains, mais non moins forts, comme l’appartenance à une même région, une même planète ou à une même génération ?

Comment comprendre aussi que les solidarités proches qui animent ces nouvelles convivialités ne sont finalement rendues possibles que par les solidarités plus lointaines comme la sécurité sociale et comment les premières ne peuvent en aucun cas se substituer aux secondes ?

Comment développer ces nouvelles formes de vie sociale pour réduire l’importance du marché dans la production de tout ce qui contribue à notre bien être afin de combattre efficacement les effets rebonds que ne réduisent pas la seule augmentation de l’efficacité écologique ? Autrement dit, comment développer une société d’échanges qui ne soient pas seulement des échanges marchands ? Comment construire une société qui fait de la production de liens - et non de celle de biens - une priorité ?

Au-delà de la rencontre avec ceux qui, en Wallonie et à Bruxelles, expérimentent déjà ces nouvelles pratiques, les Rencontres des Nouveaux Mondes tenteront de comprendre tout simplement ce qui se joue aujourd’hui dans la société. Celle-ci se laisse-t-elle réduire à la somme des comportements de chacun d’entre nous ? Qu’est-ce qui se noue et se dénoue dans nos rapports humains ? Quelles envies d’être ensemble, c’est-à-dire aussi de donner, de recevoir et de rendre nous animent ?

Et si au fond la vieille idée à retrouver derrière ces expériences de convivialité, n’était-ce pas celle de réciprocité, c’est-à-dire d’un échange qui ne serait dominé ni par la peur, ni par le fric ou le pouvoir, mais par le seul désir d’être (bien) ensemble ? Et de savoir qu’on peut, vraiment, compter l’un sur l’autre.

Pour vivre libre. Et pour être capable de surmonter collectivement les défis écologiques et sociaux qui nous attendent.


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